Evoquer un coin perdu d’Afrique !

 

Vietnam Nathrang plage

Nathrang c’est aussi  une immense plage bordée de cocotiers comme sur les photographies des brochures touristiques. La mer est chaude, on s’assoit dans des chaises longues et, tout de suite, on vous propose une bière, des gâteaux… C'est la station balnéaire idéale : plage, soleil, chaleur, et absolument personne sur cette plage si ce n’est, très loin, là-bas, un groupe de jeunes vietnamiens qui jouent au ballon !

Notre guide nous organise une promenade en bateau dans la baie de Nathrang constellée d’une centaine d’îlots dans les flots indigo de la Mer de Chine. Monter en bateau est aussi ordinaire que faire de la bicyclette dans ce pays où se mêlent terre et eau : tournée dans la baie d’Halong, bacs d’Hon Gaï et du fleuve rouge, promenade dans les rizières d’Hoa-Lu, remontée de la rivière des parfums, balade dans les îles d’Hoi-An, traversées du Mékong, et de la rivière de Saigon. Si nous bénéficions le plus souvent de forts bateaux de bois, les Vietnamiens se déplacent sur de légères embarcations de bambou, sortes de grands paniers plats et allongés, ou même de grands paniers tressés, ronds, les « Thyuen Thung ».

Les îlots calcaires de la baie de Nathrang dressent leurs falaises mais offrent aussi de larges plages désertes. Parfois, une grosse barque à moteur, arborant fièrement le drapeau rouge à étoile d’or, y est embossée pour un pique-nique familial sur le rivage.

En visitant l’île de Miêu et son vivier de poissons exotiques, grandes raies, requins, et énormes tortues à l’allure débonnaire, j’apprends que notre guide, connaît l’Afrique, ou plutôt l’Angola et plus extraordinaire, en Angola, Lubango, une petite ville du sud de ce pays ! Or, je connais également cette petite ville, une petite ville oubliée au milieu de la folie de la guerre civile, et dans laquelle j’ai effectué quelques missions d’appui et de formation à l’Institut Moyen Technique Agricole.

Ainsi, au large de Nathrang, un montpelliérain et une saïgonnaise échangent leurs souvenirs réciproques d’un petit coin perdu d’Afrique : son jardin public et sa vaste piscine abandonnée, l’Institut des Sciences de l’Education où elle travaillait et où j’ai aussi eu l’occasion de faire une conférence sur la formation professionnelle, le seul hôtel de la ville où l’on pouvait se loger, le « Grande Hotel da Huila », mais aussi sur les lieux touristiques de la région sans l’ombre d’un touriste : la Fenda de Tundavala, une immense fracture dans une falaise haute de plus de mille mètres, ou le petit port de Namibe égaré entre désert et océan.

Le monde est bien petit ! Décidemment, ce voyage n’aura pas été qu’un déplacement physique dans l’espace, mais aussi un déplacement dans la mémoire et dans le temps.

Le Viêt-Nam, avec l’Allemagne, auront traversé mon enfance, mon adolescence et m’auront même accompagné au début de ma vie d’adulte. L’Allemagne parce que, étant né à la fin de la guerre, il m’aura fallu conjuguer une prévention anti-teutonne de la population avec une grand-mère aimée et admirée d’origine allemande. Le Viêt-Nam pour en avoir beaucoup entendu parler enfant au travers des courriers et des récits de mon oncle engagé volontaire en Indochine, mais aussi pour avoir bénéficié d’alliances familiales avec une grand-tante et une tante d’origine vietnamienne. Et bien sûr, comme tout un chacun, pour avoir observé et subi le formidable affrontement  géopolitique mondial concrétisé par la seconde guerre du Viêt-Nam, affrontement dont on peut dire désormais qu’il signe l’arrêt de l’expansion américaine. Affrontement idéologique également, au sein même des démocraties occidentales, avec l’émergence du mouvement hippie, le slogan « Peace and love » ayant été notamment employé pour désigner les pacifistes opposés à la guerre du Viêt-Nam. 

Liste des articles sur Viêt-Nam Nord/Sud.

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