Des prétendus dangers de la "nature finnoise" - Pas plus de moustiques que de nature !

 

Finlande moustique

En Finlande, au premier abord, la ville semble soluble dans la nature, mais une étude plus approfondie fait finalement douter de la véracité même de l’existence de cette « nature ».

La nature finnoise existe-t-elle véritablement ?

Nous n’en sommes pas si sûr. En effet, pas un ouvrage de référence, pas un guide touristique, n’omet de signaler la présence dans cette prétendue « nature » de petites bêtes susceptibles de vous dévorer tout vivant au cours d’une longue et terrible agonie.

« Si l’on a rien à redouter de l’homme, il n’en est pas de même de la nature et en particulier de ce fléau que les Finnois appellent la räkkä, c’est à dire l’invasion estivale des insectes », In « Le Guide du Routard »[1].

Ce très célèbre ouvrage de base de tout explorateur sérieux recense pas moins de trois grandes familles d’insectes cannibales susceptibles de vous tendre des embuscades fatales en Finlande, dont il décrit en deux pages très serrées les terribles méfaits : les moustiques communs, les mouches noires de la famille des Simuliidae et les moucherons mordeurs de la famille des Ceratopogonidae ! Au moins connaît-on déjà les suspects si l’on ne sait pas encore quels seront le lieu et l’heure du crime. Tous les documents étudiés présentent la « nature » finnoise comme étant au moins aussi dangereuse que les rues de Bagdad. Aussi, le premier soir, circulions-nous en automobile toutes fenêtres bien closes et sommes-nous ensuite restés terrés dans notre base de vie pour déjouer toute attaque surprise.

Hé bien, rien ! Pas plus de moustiques en Finlande que d’armes de destruction massive en Irak malgré les exposés aussi accablants que ceux du Général Colin Powell !

Certes, nous vîmes bien quelques estafettes qui tentaient de s’infiltrer dans notre camp de base à chaque fois que nous ouvrions la porte, mais ils se laissaient abattre avec une facilité, une bonne volonté, qu’envierait un GI américain à Falouja. N’avions-nous donc affaire qu’à des mâles débonnaires ? La saison des amours étant passée cherchaient-ils à se suicider ? Ou les femelles kamikazes avaient-elles déjà disparues suite aux attaques sanglantes du début de l’été ? Toutes ces hypothèses apparaissent assez peu crédibles.

Il convient, plus raisonnablement, de se poser la question très différemment en référence à la révolution de la pensée copernicienne : si le moustique est l’indice indéfectible de l’existence d’une « nature finnoise » particulière comme le laissent à croire toutes les études scientifiques jusqu’alors réalisées, et si l’on constate qu’il n’y a pas de moustique, c’est donc que la prétendue « nature finnoise » n’existe tout simplement pas, ou plus ! De même s’il n’y a pas de poisson rouge dans un bocal, c’est souvent tout simplement parce qu’il n’y a pas d’eau dans le bocal ! Force est alors de conclure que si la « nature finnoise » n’existe pas, ou plus, c’est qu’elle s’est diluée dans la ville et que la Finlande n’est qu’une gigantesque agglomération avec énormément d’espace entre les maisons.

Certes, nos conclusions n’étaient pas aussi nettes lors de notre précédente étude en Norvège et Suède et nous inclinions à penser que la forte présence de la « nature » était un élément déterminant de spécification des pays nordiques. Néanmoins, nous avions déjà émis un doute lié à la même absence d’un élément clef de caractérisation de la nature scandinave : les élans[2] ! Notre étude très systématique nous conduit à affirmer aujourd’hui qu’il n’y a pas plus de moustiques en Finlande que d’élans en Norvège ! Donc, si ces deux éléments clefs des « natures scandinaves » ne sont pas présents, c’est que la prétendue « magnifique nature nordique » est une imposture à usage des étrangers dans un objectif mercanti de développement du tourisme.

Cet axe d’investigation conforte donc notre hypothèse de départ : il n’y a pas de correspondance entre un pays totalement urbanisé comme la Finlande et notre beau pays unanimement reconnu pour l’importance, la variété, la beauté et la richesse de ses paysages naturels et agricoles.


[1] Guide du Routard. « Finlande – Islande ». 2003/2004.

[2] Nous avions notamment constaté que l’image de l’élan, sa représentation symbolique, était beaucoup plus fréquente que la réalité de l’élan lui-même, car si nous avons beaucoup rencontré la première, notamment sous forme de panneaux indicateurs, nous n’avons jamais réussi à rencontrer la seconde.

Liste des articles sur Approche de la Scandinavie, la Finlande.

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