Réflexions toutes personnelles sur les évolutions de l'architecture

 

Finlande Helsinski Temppeliaukon Kyrka

A Helsinki, il ne faut pas manquer la Temppeliaukon Kyrka des frères Tuomo et Timo Oskarai Suomalainen : une église circulaire, creusée dans un de ces affleurements granitiques de la ville, et recouverte d’un dôme en lentille plate porté par de fines poutres de béton, rayonnantes, laissant largement filtrer la lumière. L’intérieur, aux parois de roche brute, présente une ambiance douce grâce à la maîtrise de la lumière et un mobilier de bois. L’opéra de Hyvämäki, Karhunen et Parkkinen (1993) a des formes douces et sans prétentions renvoyant bien à l’idée que l’on se fait du fonctionnalisme nordique.

Et puis, et puis… nous en avons raté beaucoup d’autres, soit par manque de temps, soit parce que nous les avons vainement cherchés : la fondation Sara Hildénin construite par Pekka Ilveskoski à Tempere, la maison de la culture d’Helsinki de Alvar Aalto… sans parler, à Espoo, du centre commercial d’Aarne Ervi, du centre culturel d’Arto Sipinen, de l’Institut de technologie d’Alvar Aalto (encore), du centre des congrès des Pietilä…

Bref, peut-on aligner à Paris, pareille floraison architecturale dans la seconde moitié du XXe siècle ?

Paris a connu une certaine effervescence architecturale dans cette fin de siècle, et de très nombreuses réalisations sont le fait de grands architectes étrangers : le centre Beaubourg (1977) est une œuvre de Renzo Piano et Richard Rogers (l’un est Italien, l’autre Anglais), l’aménagement intérieur du musée d’Orsay (1982) est de Gae Aulenti (Italienne), la place de Catalogne (1985) de Ricardo Bofill bien sûr (Espagnol et Catalan !), la Cité des Sciences de La Villette (1986) est d’Adrien Fainsilber (Anglais), la pyramide du Louvre (1988) de Ieoh Ming Pei (Américain d’origine chinoise), la Grande Arche de la Défense (1989) de Johan Otto von Spreckelsen (Danois), l’Opéra Bastille (1989) de Carlos Ott (Canadien), l’American Center (1994) de Franck O Gehry (Américain naturellement), la Maison de la culture du Japon (1997) de Masa Yuki Yamanaka (Japonais comme il se doit)…C’est tout à l’honneur de la France d’avoir permis à ces architectes d’y réaliser des réalisations prestigieuses, mais que sont les architectes « français » devenus ?

Faut-il parler de la tour Maine-Monparnasse (1973) de Eugène Beaudoin, Urbain Cassan, Louis Hoym de Marien et Jean Sabot ? Passons vite, car leurs architectes sont aujourd’hui bien oubliés et regardons plutôt du côté du Palais omnisports de Bercy (1983) qui est de Pierre Parat, Michel Andrault et Ayden Guvan, l’Institut du Monde Arabe (1987) est de Jean Nouvel, le ministère des Finances (1989) de Paul Chemetov, Borja Huidobro et Yves Lietard, la Fondation Cartier (1994) de Jean Nouvel également, la Cité de la Musique (1995) de Christian de Portzamparc, la Bibliothèque nationale de France (1998) de Dominique Perrault… On peut donc raisonnablement penser que Paris n’a pas à rougir devant Helsinki en termes de richesse et d’innovation architecturale.

Mais peut-on remarquer des différences ? Est-on architecte de la même manière à Paris et à Helsinki ?

Une observation somme toute assez superficielle laisse à penser que les édifices contemporains récents sont peut-être plus monumentaux, plus « grandioses », plus imposants à Paris. Mais ce n’est pas le propre des architectes français dans la mesure où les réalisations d’architectes étrangers à Paris sont toutes autant monumentales, même si elles s’intègrent, voire se fondent, dans le tissu urbain (cf. la pyramide du Louvre et même le centre Beaubourg pourtant si décrié à l’origine). C’est plutôt l’histoire de la ville, sa taille, ou la taille de ses projets qui explique cette différence dans la dimension et la monumentalité.

Alors quoi ? En dehors d’un aspect plus modeste, plus discret, l’architecture finlandaise apparaît plus fonctionnelle, avec une recherche de formes simples et très pures. En conclusion, un Français ne sera certainement pas étonné, encore moins stressé, et même au contraire plutôt séduit, par l’architecture contemporaine finlandaise, même s’il lui semble qu’il y a moins de monumentalité et plus de fonctionnalité. Dans quelle mesure l’architecture finlandaise a-t-elle participé au renouveau de l’architecture dans la seconde moitié du XXe siècle ?

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