Pour un Français, il est possible de survivre en Finlande !

 

Finlande Helsinski Musee-d-art-moderne

Nous terminions notre étude de 2001 par la constatation que la culture scandinave semblait marquée par la présence de la nature, une nature difficile, exigeant une lutte incessante de l’homme pour survivre, et d’autre part une morale luthérienne rigoureuse qui pèse chaque action de manière tyrannique, Comment s’étonner alors que l’échappatoire à ce quotidien difficile ne se fasse pas dans le merveilleux ?

A contrario les cultures méditerranéennes, essentiellement urbaines, étaient plus enclines à l’hédonisme, au plaisir des corps, du jeu, dans une morale un peu souple, voire à géométrie variable.

Là encore, force est de constater que ce constat paraît moins net en Finlande. Si l’on en juge par l’œuvre de Paasilinna, il semblerait même que l’on puisse être luthérien et drôle, ce qui bouleverse bien des hypothèses et des études scientifiques !

Une fois encore, malgré la brièveté de cette étude, les résultats sont néanmoins importants faisant largement oublier les désagréments causés par les conditions de transport. En effet, même si les données comparées présentent des résultats qui paraissent ici moins nets qu’en Norvège et en Suède, un certain nombre d’éléments soulignent néanmoins la pertinence de notre hypothèse de travail, à savoir que la Finlande n’est pas la France.

Toutefois, les différences en termes d’alimentation, d’architecture, de littérature, apparaissent d’une ampleur plus faible, permettant de penser que les troubles et les malaises, observés chez les voyageurs français en Suède et Norvège seront ici plus atténués. Certes, celui-ci ne comprendra pas l’idiome utilisé par les populations locales, paraît-il très curieux et rare, mais comme il ne comprend pas plus le norvégien, le suédois et tous ces jargons insolites comme l’anglais, l’allemand, l’italien, l’espagnol… Certes, il arrivera à peu près à s’alimenter pour survivre, mais il ne trouvera pas plus de cassoulet, de choucroute, de couscous, de vin rouge, enfin de toutes ces nourritures de base normales et décentes. Nous avons toutefois pu montrer que nous pouvons réduire à presque rien les désagréments d’un voyage dans ce pays, pourtant si exotique pour un voyageur français, si l’intrépide globe-trotter ingère régulièrement sa dose de Paasilinna permettant même de s’abstraire d’une trousse de secours bourrée d’euphorisants.

Nous n’avons toutefois pas pu trancher une autre question qui découle directement du constat de la possibilité pour un Français de survivre en Finlande : la Finlande fait-elle bien partie de la Scandinavie ?

Cette question nous conduit à proposer, dans un souci scientifique d’exhaustivité et de rigueur, de conduire, à l’avenir, une nouvelle campagne d’étude dans le dernier des pays dits « scandinave », le Danemark… A suivre donc, mais quand ?

 

Montpellier, janvier 2005 / novembre 2011.

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