De très nombreuses cathédrales romanes avec des caractéristiques régionales

 

Pouilles Barletta Cattedrale Santa Maria Maggiore

Au XIe siècle les Normands occupent tout le Sud de l’Italie. Le commerce et les relations avec les villes maritimes de l’Adriatique telles que Venise deviennent florissants. Avec les croisades (1095 / 1291), Brindisi devient le plus important port d’embarquement pour la Terre Sainte.

A cette époque commence la construction de la plupart des grandes églises romanes des Pouilles : Otrante et Tarente (1071), Saint-Nicolas de Bari (1081), Trani (1099), Santa Maria Maggiore à Barletta (1144), San Francesco à Trani (1172), Foggia (1172)…

Les mêmes principes de construction sont utilisés dans les Pouilles comme dans toute l’Europe des XIe et XIIe siècles mais avec des différences régionales. Dans les Pouilles, ces églises ont généralement un aspect massif, avec une haute façade lisse sur laquelle sont soulignés les trois nefs du bâtiment, un seul porche central, peu prononcé mais très décoré, surmonté d’une belle rosace. La structure interne est simple, rectangulaire, à trois nefs, sans transept ou chapelles rayonnantes autour du chœur.

La cathédrale Santa Maria Maggiore de Barletta illustre en partie ce modèle même si elle est le résultat d’une construction qui s’est échelonnée de 1150 jusqu’à la fin du XVIIe siècle. La façade, haute et lisse, est séparée en trois parties verticales, la partie centrale comprend une grande fenêtre circulaire, entourée de sculptures d’animaux et sous laquelle a été ouverte une fenêtre à la fin du XIIe siècle. Les deux parties latérales ont conservé leur décoration d’origine.

La partie romane correspond à la partie antérieure de la cathédrale avec les trois premières travées, aux piliers monolithes. La nef fut poursuivie selon le modèle du gothique français avec l’intervention de l’architecte Pierre d’Angicourt au début du XIV; elle se termine par une abside gothique à plan pentagonale avec des chapelles rayonnantes.

La basilique du Saint-Sépulcre est également une construction composite qui évolue du roman normand vers un gothique primitif, avec des influences Bourguignonnes complétées de la tradition locale avec le système de couverture typique des Pouilles, des toits pyramidaux en pierres planes, ou « chiancarelle ». L'actuelle façade, compartimentée et couronnée d'un imposant fronton, a été réalisée après 1700 après la démolition du portique d'époque médiévale. A gauche, seul reste le soubassement du clocher effondré suite au tremblement de terre de 1456.

« Le château de Barletta qui a de la réputation, & qui passe pour un des quatre Vhâteaux célèbres de l’Italie, n’est qu’un gros massif de Bâtiment quarré avec de mauvais fossés secs, qui n’a rien de remarquable que la dureté & la beauté de la pierre dont il est bâti, ainsi que toute la ville et le Port »[1].

Curieuse remarque car le château est aujourd’hui assez impressionnant et il n’a pourtant pas subi de modifications importantes depuis la fin du XVIIIe siècle ! Faut-il y voir l’habituelle condescendance des Français pour les œuvres étrangères ?

Les premières fortifications ont été érigées par les Normands. Frédéric II a résidé à plusieurs reprises dans le château qu’il a étendu et complété. En 1269, Charles Ierd'Anjou (1227 / 1285), roi de Naples et de Sicile, fils du roi de France Louis VIII et de Blanche de Castille, fait agrandir le château, améliore les défenses par des tours d'angles circulaires et aménage une chapelle. Après la prise du château par les Français en 1528, Charles Quint fait renforcer les défenses avec la création des bastions d'artillerie triangulaires par l'architecte Evangelista Menga, c’est qu’il convenait désormais d’avoir des châteaux moins hauts, trop fragiles face aux nouvelles armes, pour privilégier des structures basses, solides, entourées de grandes surfaces vides pour mieux contrôler les ennemis.

Du château Frédéricien, il ne reste donc pas grand-chose…


[1] Jean-Claude, Richard de Saint-Non. « Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile ». 1783.

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