Une des plus grandes batailles de tous les temps – A-t-on réussi à faire mieux depuis ?

 

Pouilles Hannibal

La bataille de Cannes est une bataille fameuse de la deuxième guerre punique. Elle eut lieu le 2 août 216 av. J.C, près de la ville de Cannes, à 14 km de Barletta.

Bon, la deuxième guerre punique… c’est loin tout ça. Pas sûr même que les jeunes générations en aient entendu parler ! Voyons, voyons… Les éléphants d’Hannibal qui traversent les Alpes dans la neige, cela vous dit peut-être quelque chose ?

Hannibal Barca était un général carthaginois, parti avec son armée de Carthage (au nord de l’actuel Tunis), il commence par s’assurer du territoire hispanique, puis il se dirige vers Rome (- 218), traverse les Alpes, bat les armées romaines dans le Tessin, puis à La Trébie (dans la vallée du Po, à l’ouest de Plaisance) et les écrase au lac Trasimène (au sud de Cortone, en Toscane). En trois heures, 15 000 soldats y périrent massacrés ou noyés dans le lac !

Dans l’espoir de rallier des peuples italiques, les Apuliens et les Lucaniens, plutôt que d’aller attaquer Rome bien défendue par ses fortifications, Hannibal poursuit sa marche vers le Sud. Il rencontre une nouvelle fois les armées de la république romaine à Cannae, sous le commandement des consuls Caius Terentius Varro et Lucius Aemilius Paullus.

« Il faut être fou. Sinon il enchaînera les batailles – certaines gagnées, d’autres perdues – et au bout du compte, les forces s’équilibreront. Il faut risquer davantage. Alors il demande que l’on étire la ligne de front. (…) Et ce sont ses propres lieutenants qui s’inquiètent à trop étirer, la ligne de front risque de se briser, et alors, ce sera la déroute. Oui, c’est le risque, mais il demande que l’on étire encore. Et la ligne sur laquelle se tiennent les Carthaginois est bien plus longue que celle des Romains, mais plus fine et aussi plus fragile »[1].

Le piège devait se refermer sur les légions romaines. Le centre des armées carthaginoises, composé de mercenaires celtes et ibères tint bon, les deux ailes se replièrent sur les Romains. 45 000 morts côté Romain !

« Des litres et des hectolitres de sang nourrissent la terre. Il y en a tant qu’elle ne parvient plus à boire. Quarante cinq mille hommes qui se vident en même temps. Quarante cinq mille corps sectionnés, ouverts, ça pue. (…). Quarante cinq mille corps qui mettent des jours, des semaines à se décomposer. Elle est là sa victoire : laide comme une boucherie sans nom. C’est le plus grand massacre de l’Histoire. Jamais aucune bataille ne fera autant de morts en si peu de temps »[2].

Y’a pas à dire, mais l’homme est quand même un animal particulièrement intelligent pour se tuer, s’assassiner, se décimer, se détruire, se trucider, s’occire, se massacrer, s’exterminer, s’éventrer, se démanteler, s’étriper, se découper en rondelles, et ce depuis longtemps. La meilleure preuve c’est la richesse du vocabulaire pour le dire. 45 000 morts en une journée, c’est quand même pas mal quand on pense que, malgré les moyens des techniques modernes, il fallut une nuit entière, 800 bombardiers et 2 500 tonnes de bombes pour n’assassiner « que » 25 à 35 000 personnes à Dresde, le 13 février 1945. Heureusement, la vanité humaine a permis de faire mieux et de ne pas laisser un aussi beau palmarès à une guerre bimillénaire. Le bombardement d’Hiroshima, le 6 août 1945, réussit à faire plus de 100 000 morts en quelques minutes, quasiment toutes civiles, vieillards, femmes et enfants. Record non encore égalé. Mais il ne faut pas se décourager de la nature humaine et les hommes ne manquent pas d’avoir tenté quelques tentatives d’amélioration au Cambodge, au Rwanda ou en Bosnie... J’en oublie certainement. C’est désespérant tant la nature humaine semble toujours capable de faire pire.

Et Hannibal dans tout ça ? Après avoir erré dans le sud de l’Italie, être allé sous les murs de Rome, les Romains évitant les attaques frontales, il finit par se réembarquer pour Carthage, 13 ans après son entrée dans la péninsule, les Romains menaçant désormais directement Carthage.


[1] Laurent Gaudé. « Ecoutez nos défaites ». 2016.

[2] Idem.

Liste des articles sur les Pouilles

Télécharger le document intégral sur https://sites.google.com/site/notesditinerances/europe-mediterraneenne