Les invasions se suivent et ne se ressemblent pas – Un miracle qui tombe à point nommé

 

Pouilles Monopoli Le port 1

Le nom de la ville provient du grec « monos-polis » (« ville unique »). Monopoli a subit successivement l’influence des Lombards, puis de Byzance. En 1044 elle fut conquise par les Normands puis passa sous le gouvernement des Angevins en 1266. Au XVIe siècle elle fut occupée alternativement par les Espagnols et les Vénitiens. L'occupation vénitienne, débutée en 1484, a marqué une période de croissance économique et de développement des activités maritimes grâce à sa situation géographique entre Bari et Brindisi, dans une zone sous influence économique et navale de la Sérénissime, mais aussi avec la forte demande pour les produits de l'arrière-pays.

Cible des incursions de pirates sarrasins, la ville fut équipée d’importantes fortifications. En Avril 1528, alors que la ville était victime de la peste, 400 soldats vénitiens en reprirent possession. En 1529, c’est une armée espagnole de 5 000 soldats sous les ordres du condottiere Fabrizio Maramaldo qui assiégea la ville pendant trois mois sans succès. Devenue possession personnelle de l'empereur Charles Quint en 1530, la ville réussit à racheter sa liberté avec le concours de ses habitants.

Le renforcement des murs d’enceinte, en 1552, coïncide avec l’occupation de la ville par les Espagnols. Après la domination autrichienne de 1713, la ville fut annexée en 1734 au royaume des Deux Sicile, puis au royaume d'Italie en 1860. Quelle marmelade !

La promenade dans les ruelles de la vieille ville est des plus agréables. Le symbole de la ville est le château de Charles V de Habsbourg (Charles Quint, 1500 / 1558), une fortification d'origine aragonaise restaurée à des fins défensives en 1552. Il est situé sur les murs d’enceinte de la ville, sur un promontoire appelé « la pointe du stylo », et domine le petit port. En octobre 2016, les murs des maisons entourant le port étaient décorés de très beaux portraits de marins et travailleurs monopolitani.

Les fondations de la basilique Santa Maria della Madia remontent à 1107 et furent édifiées sur un ancien lieu de culte païen. Après avoir monté les murs, le bâtiment n'a pas pu être achevé en raison de la difficulté à se procurer des poutres pour monter le toit. La légende veut que l'évêque, dans ses prières, confia ses problèmes à la Vierge Marie. Miraculeusement, dans la nuit du 16 décembre 1117, est apparue dans le port une icône byzantine portée sur un radeau composé de solides madriers. Les madriers du radeau furent utilisés pour achever la construction de la Cathédrale où l’on put installer l’icône miraculeuse, la « Madonna della Madia ».

La cathédrale fut reconstruite en 1741 dans un style baroque tardif. La structure de la façade est relativement simple ; elle est composée de deux étages superposés, séparés par une corniche à redans, surmontés d’un attique curviligne, et découpée en trois parties verticales séparées par des pilastres jumelés. Mais sur cette base très sobre et « classique » se rajoutent courbes et contre-courbes, volutes, pot-à-feu, fenêtres aux formes complexes, frontons interrompus des fenêtres. L’intérieur comprend une nef centrale et des bas-côtés séparés par de massifs piliers cruciformes revêtus de marbres colorés. La chapelle de la Madonna della Madia est curieusement située en hauteur, dans le chœur de l’église, derrière l’autel, afin que tous les participants à la messe puissent admirer l’icône. On accède à la chapelle par de grandes volées d’escaliers situées sur le côté. L'église est richement décorée de stucs, de marbres colorés, vrais et faux, de corniches imposantes, de chapiteaux dorés,  de peintures, de sculptures, de guirlandes… comme le style baroque finissant l’aimait.

Le complexe monastique de Santo Domenico possède une église Renaissance (probablement achevée autour de 1580) avec une abside de style gothique angevin. Depuis 1881, l'église est dédiée au culte des saints Côme et Damien qui y sont représentés par des mannequins habillés, grandeur nature, et dont la chasuble est couverte d’exvotos anatomiques en argent. C’est que les frères Côme et Damien, martyrisés en Syrie au début du IVe siècle, sont considérés comme des médecins guérissant bénévolement les infirmités des hommes comme des bêtes. Le culte d'origine orientale est probablement l'héritage de la domination byzantine à Monopoli. La nef centrale de l’église présente un magnifique plafond en bois peint, du XVIIIe siècle. Il est composé de trois médaillons entourés d’anges portant des couronnes de fleurs et, côté façade, d’une tribune sur laquelle sont disposés des anges musiciens. Le médaillon central est décoré d’une représentation de la Madone au rosaire, entourée de Sainte-Catherine de Sienne et de Saint-Dominique.

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