Un monument à la gloire d’une république – Utilisé depuis par une monarchie

 

Pays-Bas Amsterdam Koninklijk Paleis

La puissance des marchands amstellodamois est non seulement économique, mais elle est aussi politique. Les Provinces-Unies se sont débarrassées de la royauté espagnole par une lutte armée dans laquelle l’Union des guildes de marchands va l’emporter sur l’un des Rois les plus puissants d’Europe, Philippe II d’Espagne.

Ces malheureux marchands avaient d’ailleurs bien du mal à croire en leur propre puissance et en leurs propres capacités de gouvernement puisqu’ils s’empressèrent d’offrir successivement la couronne des Pays-Bas au Roi de France puis au Roi d’Angleterre ! Lesquels refusèrent ce cadeau qu’ils jugeaient empoisonné par suite de leurs relations difficiles avec l’Espagne.

Les Hollandais ont donc dû inventer le régime parlementaire républicain, représentatif et fédéral, avec l’élection de leurs représentants et de leur gouvernement, à la fois pour conduire la lutte contre l’Espagne, puis pour gouverner un pays dont personne ne voulait accepter la couronne !

« Leurs Hautes Puissances Messeigneurs les États généraux des provinces unies des Pays-Bas », ou « États généraux » était l’institution suprême des Provinces-Unies créées lors de l'Union d'Utrecht de 1579. La démocratie bourgeoise des Provinces-Unies est donc le véritable précurseur des systèmes républicains des pays capitalistes actuels.

Ce n’est donc pas non plus un hasard si le seul bâtiment de représentation dans la ville d’Amsterdam est le « Koninklijk Paleis » construit à l’origine pour être l’hôtel de ville, « Paleis op de Dam ». Commencé en 1648, après la signature de la paix avec l’Espagne, il marque la puissance des marchands organisés en Union.

C’est un monument puissant, influencé par l’architecture des villas palladiennes. De forme cubique, l’axe central est néanmoins privilégié par un avant-corps surmonté d’un fronton triangulaire en « temple », avant-corps en forte saillie par rapport aux avant-corps corniers en saillie plus légère. Le développement de la symétrie axiale de l’édifice est encore accentué par l’adjonction d’une coupole à lanterne au sommet du bâtiment. Les hautes façades de quatre niveaux sont séparées en deux séries de colonnes superposées par une corniche intermédiaire. Celle-ci permet de garantir l’harmonie entre lignes horizontales (alignement de fenêtres, des corniches) et lignes verticales (saillie des avant-corps et des colonnes), assurant à la fois une fonction de séparation mais aussi une fonction de liaison.

Le « Paleis op de Dam » est resté l'hôtel de ville d'Amsterdam jusqu'en 1808. À cette date, Louis-Bonaparte, roi de Hollande de 1806 à 1810, imposé aux Bataves par son frère Napoléon, choisit de s'installer à Amsterdam. De grosses modifications furent alors faites dans le « Paleis op de Dam » avant son installation, mais le nouveau roi ne se plaisant pas à Amsterdam, il transforma le palais en musée royal.

Louis-Bonaparte faisant, de l’avis de Napoléon, une politique trop pro-Batave et pas assez pro-française, la Hollande fut annexée à la France en 1810 et le palais devint un palais impérial. Après le départ des Français, en 1813, le palais redevint l'hôtel de ville d'Amsterdam. Peu de temps il est vrai…

Les Français partis, une nouvelle monarchie fut fondée en 1814 par Guillaume-Frédéric d'Orange-Nassau, le fils du dernier « stathouder » de Hollande. Sous le régime des États généraux il existait en effet des gouverneurs militaires dans chaque province, nommés par les Etats-Généraux et appelés stathouders. La fonction de stadhouder de Hollande, la plus importante des provinces, avait souvent été attribuée à des membres de la puissante maison d'Orange-Nassau.

Guillaume Ier des Pays-Bas, nouveau roi, fait du « Paleis op de Dam » son palais royal dès 1815… Palais très peu occupé par la famille royale actuelle sauf à l’occasion des réceptions officielles.

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