Un musée victime du succès du peintre – Trop, c’est décidemment beaucoup trop

 

Pays-Bas Amsterdam Museumplein Van Gogh

La collection du Musée Van Gogh d’Amsterdam est la plus grande du monde de ce peintre avec plus de 200 tableaux, 500 dessins et près de 700 lettres manuscrites, notamment la correspondance avec son frère Théo. Mais, comme les pièces sont exposées par roulement, le visiteur ne peut toujours en voir qu’une cinquantaine à la fois ce qui explique les nombreuses déceptions des visiteurs.

Comme le musée expose également de très nombreuses œuvres d’artistes qui influencèrent le peintre ou qui furent influencés par lui, la déception des visiteurs est parfois d’autant plus forte.

Celui-ci peut donc admirer les peintures d’Emile Bernard, Gustave Boulanger, Jules Breton, Maurice Denis, ou encore Lawrence Alma-Tadema, mais surtout celles de Paul Gauguin, Claude Monet, Camille Pissaro, Paul Signac, Henri de Toulouse-Lautrec, Georges Seurat, et Kees van Dongen.

La présentation chronologique permet de suivre l’itinéraire de l’artiste. Elle est divisée en cinq périodes, chacune représentant une phase différente de la vie et du travail de Van Gogh : les Pays-Bas / Paris / Arles / Saint-Rémy / Auvers-sur-Oise.

  • La première période, dite de Nuenen (1884 / 85), est intéressante par sa filiation avec la peinture hollandaise et notamment ses œuvres représentant des scènes populaires, de gens pauvres comme « Les Mangeurs de pommes de terre », une peinture grave, aux teintes sombres, grisâtres.
  • Dans sa seconde période, parisienne (1886 / 88), qui comprend des autoportraits, des natures mortes et vues de la ville, Van Gogh utilise la couleur ; il s’essaye au pointillisme pour rendre compte de la lumière.
  • En Arles, pour sa troisième période (1888 / 1889), où il s’installe dans la « maison jaune », un temps avec Gauguin, il peint des œuvres très colorées, avec des jaunes lumineux comme « Les Tournesols », « Le Semeur », « La Moisson » ou la « Chambre de Vincent à Arles ».
  • A Saint-Rémy, quatrième période (1889 / 90), ses peintures sont torturées même si la couleur est encore lumineuse comme avec sa « Pietà » d’après Delacroix et « La Résurrection de Lazare » d’après Rembrandt.
  • A Auvers-sur-Oise, dernière période (mai / juillet 1890), sa peinture reste colorée avec une importance donnée à la couleur verte.

Ce musée exceptionnel par la richesse de son fond accueille plus d’un million de visiteurs par an ! Et c’est là que le bât blesse, car pour admirer un Van Gogh, il faut une patience d’ange. D’abord, il convient de faire une queue assez conséquente pour acheter son billet. Toutefois, si vous êtes organisé et précautionneux vous avez pu acheter préalablement vos tickets d’entrée sur internet qui vous servent alors de coupe-file. Reste qu’il faut malgré tout aller déposer vos vêtements à la garde-robe, à moins d’être venu en tee-shirt avec votre portefeuille et votre téléphone dans les poches, ce qui est plus rare en hiver. Et là ça commence à se gâter : l’organisation de l’espace, comme l’importance du personnel disponible, ne sont manifestement pas prévus pour de telles foules.

Enfin délestés de vos manteaux et sacs, vous pouvez attaquer la visite. Déception, les circulations dans les escaliers sont difficiles et, dans les salles, elles ne sont possibles qu’au centre, c’est à dire très loin des tableaux, derrière des murs de têtes et d’épaules. Dans la première salle, bien évidemment, vous patientez et jouez un peu des coudes devant « Les mangeurs de pommes de terre ». Ensuite vous laissez tomber tout ce qui n’est pas Van Gogh pour essayer de bénéficier en priorité des œuvres du maître.  N’êtes-vous pas venu pour ça ? Vous repérez de loin des « Tournesols », un bout du lit de sa chambre à Arles, sa « Pietà » d’après Delacroix…

Vous finissez par abandonner en vous disant que de bonnes reproductions vous permettront de beaucoup mieux apprécier les toiles du maître. Au moins, vous aurez tout le temps de les observer tranquillement même si elles ne vous représenteront ni la taille de l’œuvre, ni la pâte du tableau.

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