L’Oratorio del Gonfalone – Les palais Saccheti et Medici-Clarelli

 

Rome Ponte Via Giulia Palais Medici Carelli

La via Giulia relie deux arrondissements de Rome, pour 1/3 elle est située dans le rione Ponte, (côté San Giovanni Battista dei Fiorentini) et pour 2/3 dans le rione Regola (côté ponte Sisto).

La via Giulia (1508) fut réalisée par l’architecte Donato Bramante à la demande du pape Jules II della Rovere (1503 / 1513). C’est qu’il n’était pas très facile de se déplacer dans Rome qui avait conservé sa structure médiévale. Pour se rendre à Saint-Pierre, il fallait utiliser les rues Monserrato et Banchi Vecchi, ou la via del Governo Vecchio, toutes voies étroites et sinueuses qui convergeaient vers le pont Saint Ange, ou enfin la via dei Coronari. Il n’existait évidemment pas de voie le long des berges du Tibre, celles-ci ne seront créées qu’à la fin du XIXe quand des digues furent érigées pour canaliser le fleuve et limiter ses débordements.

L’objectif du percement de la nouvelle voie était de relier directement le ponte Sisto reconstruit en 1475 afin de rejoindre aisément la basilique Saint-Pierre.

La via Giulia, de 1 000 mètres de long, est aussi une des plus larges de la Rome Renaissance avec ses 8 mètres. Mais la via Giulia ne jouait pas qu’un rôle pour les pèlerins, elle desservait aussi le quartier des banquiers qui s’étaient installés dans le Canale di Ponte (via del Banco di Santo Spirito) dans le prolongement du pont Sant’ Angelo et le pape Jules II avait l’idée de concentrer les différents services administratifs de la ville en un seul lieu avec la proximité de la Chancellerie alors en cours d’achèvement (Campo dei Fiori) et la construction d’un ambitieux Palazzo dei Tribunali complété d’une nouvelle prison, les Carceri Nuove.

La promenade commencera après les « Carceri Nuove », la nouvelle prison voulue par le pape Innocent X Pamphili (1644 / 1655). En tournant à gauche, dans la très courte via del Gonfalone, on découvre la façade de l’Oratorio del Gonfalone, le siège d’une confrérie qui venait au secours des pauvres et nécessiteux. La façade, de Domenico Castelli, en est des plus simples : trois ouvertures au rez-de-chaussée et trois au premier étage, séparées horizontalement par des pilastres et verticalement par une corniche, le tout dominé par un fronton triangulaire puis d’un pignon courbe. Malheureusement, le plus spectaculaire semble rarement accessible : la grande salle de l’Oratoire dont les murs sont entièrement ornés de douze fresques dédiées à la Passion de Christ, de l’entrée du Christ à Jérusalem à la Résurrection. Cet ensemble a été exécuté entre 1569 et 1576 dans un style maniériste[1],

A l’angle de la via Giulia et de la via del Gonfalone, une structure composée de massifs blocs de pierre, en bossage, intrigue car elle est surmontée d’un bâtiment ordinaire. Ce sont les fondements du palais du tribunal de la Curie commandé à Bramante en 1508, qui devait devenir le bâtiment le plus impressionnant de la rue, mais qui n'a cependant jamais été terminé. Il reste ces énormes bloc de travertin surnommés les « sofas de la via Giulia » lesquels abritent désormais un restaurant de qualité.

La noblesse romaine, d’épée et de robe, mais aussi les riches banquiers, mirent un point d’honneur à se faire construire de belles demeures au long de cette nouvelle voie. Une des plus belles demeures est le palais Sachetti, sis au numéro 66. Le palais fut commencé par Antonio da Sangallo le jeune qui participa à la construction de Saint-Pierre, du Palais Farnèse, la Villa Madame, afin d’en faire sa demeure. Il fut ensuite vendu au Cardinal Giovani Ricci da Montepulciano (Toscane) qui fit réaliser des travaux d’agrandissement et de décoration intérieure. La façade, côté via Giulia, est austère : une grande surface lisse percée de sept ouvertures pour chacun des quatre étages. Seuls les supports des appuis de fenêtre du rez-de-chaussée sont décorés d’une volute de travertin. L’intérieur est richement décoré de fresques de Francesco Salviati et Pierre de Cortone. Côté jardin, en 1660, Carlo Rainaldi construisit une nymphée, à la fin du jardin, lequel donnait alors sur les berges du Tibre. Elle est aujourd’hui visible à partir de la via Bravaria qui longe le fleuve.

Au n°79, Sangallo le jeune réalisa un autre édifice, le palais Medici Clarelli dont la façade était autrefois ornée de peintures. La via Giulia se termine sur la piazza dell’ oro, dominée par l’église San Giovanni dei Fiorentini, avec quelques maisons du XVe siècle.


[1] Voir le site de l’Oratorio del Gonfalone.

Liste des promenades dans Rome et liste des articles sur le quartier de Ponte

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