Saint-Philippe-Néri et la « Congrégation de l'Oratoire »

 

Rome Ponte Oratorio dei Filippini

Le Pape Léon III (750 / 816) fit construire une nouvelle église dont il reste aujourd'hui la mosaïque de l'arc triomphale. Après une nouvelle période d'abandon, le Pape Sixte IV della Rovere (1414 / 1484) fit restaurer l’église pour le Jubilé de 1475, remplaçant les colonnes par des piliers. Au XVIe il y était conservé une image miraculeuse de la Vierge, la « Madonna Vallicelliana ». En 1535, cette fresque du XIVe siècle, initialement placée sur la façade d'un bain public de la rue Parione, s’était mise à saigner après avoir été frappée par un caillou.

En 1551 Saint-Philippe-Néri (1515 / 1595) fonde la « Congrégation de l'Oratoire » et le pape confie, en 1597, à la nouvelle congrégation l'église in Vallicella laquelle n'était plus en bon état. Sur un projet de Giacomo della Porta l’église fut restaurée une nouvelle fois entre 1594 et 1617. Les chapelles latérales ont été ouvertes pour compléter la nef centrale de nefs latérales. Enfin, la façade fut édifiée entre 1594 et 1605 selon un projet de Fausto Rughesi ; une façade très sobre, à deux étages décorés de pilastres en faible relief, mais complétée de corniches, de colonnes entourant le portail et la fenêtre supérieure, plus accentuées lui donnant une certaine dynamique. L’intérieur n’est malheureusement pas aussi sobre et élégant. La voûte, la coupole et l'abside, originellement simplement blanchies selon la volonté de saint-Philippe-Neri, furent ornées de fresques par Pierre de Cortone entre 1647 et 1666, mais surtout l’ensemble des surfaces reçut une très riche décoration baroque avec marbres colorés, cartouches, angelots, stucs et balcons de bois dorés, assez lourde et dégoulinante.

Trois tableaux peints en 1608 par Paul Rubens (1577 / 1640) ornent le maître-autel. Au centre dans une décoration sur ardoise, comprenant des cercles concentriques d'anges et de putti, une Vierge à l'Enfant bénissant, peints sur une plaque de cuivre. Cette image est visible en semaine car, du samedi soir au dimanche soir, c’est l’image miraculeuse de la « Madonna Vallicelliana » qui apparaît grâce à un système de cordes et de poulies. De chaque côté du maître-autel, formant tryptique, deux autres œuvres de Rubens avec les Saints Grégoire le Grand, Papas et Maurus (à gauche) et Sainte Domitille accompagnée de ses deux serviteurs qu’elle convertie, Nereo et Achille (à droite). L’église possède des reliques de ces différents saints.

A gauche de l’église Santa Maria in Valiccella, l'Oratoire des Philippins. Les frères de la congrégation de l'Oratoire organisèrent en 1637 un concours pour choisir l’architecte. En signe de modestie la Congrégation avait exigé que ni marbre ni travertin ne soient utilisés pour la décoration du bâtiment, mais souhaité que le bâtiment conserve une apparence imposante à côté de la façade de l'église. Ils choisirent Borromini comme architecte à l’issue d’une seconde commission compte-tenu de la fonctionnalité de la distribution des différents éléments chambres, chapelle, sacristie, bibliothèque. Le corps principal de la façade, légèrement concave, est divisé en cinq travées par deux rangées superposées de pilastres. Horizontalement, elle est découpée en deux niveaux par le jeu de deux corniches à ressauts aux reliefs assez accentués. Dans la partie médiane, une opposition est faite entre le niveau inférieur, marqéue par une légère avancée convexe, et la niche concave à faux caissons du niveau supérieur. Au sommet, le tympan, en adoptant lui-même une forme à la fois curviligne et pointue à son sommet, accentue le mouvement concave et dynamique de la façade.

« Borromini renouvelle plus complètement la typolopgie traditionnelle en construisant sa façade sur un mouvement plus complexe, convexe concave, et ce qui était jeu plastique devient forme symbolique, image de l’église accueillante ouvrant ses bras aux fidèles »[1].

Le bâtiment abrite notamment la bibliothèque Vaticelliana au second étage, une des plus belles salles de bibliothèque.

Sur la place, la fontaine, dessinée par Giacomo della Porta en 1581, était à l'origine située  au Camp dei Fiori et était composée d'une coupe ovale en marbre blanc. Le pape Grégoire XV a fait poser, en 1622, un couvercle en travertin avec une boule au centre. La fontaine ressemble tellement à une soupière que les Romains la baptise « la Terrina ».


[1] Dictionnaire des Architectes. Claude Mignot. « Borromini (1559-1667) ». 2016.

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