Un des plus grands métros du monde – A la décoration des stations internationalement réputée

 

Russie Moscou Métro Maîakovskaïa

Le métro de Moscou n’est pas celui qui transporte le plus de passagers au monde, ni celui qui possède le plus long réseau ou le plus de stations mais, en dehors de stations luxueuses pour lesquelles il est internationalement connu, il est néanmoins le 4e au monde par le nombre de personnes transportées (2,4 milliards de personnes transportées quand Paris en transporte 1,5 et le premier, Tokyo, 3,2). Il est le 6e par la longueur de son réseau (339 km, quand Paris en fait 220 et le premier, Shanghai, 548), et enfin le 9e par le nombre de stations (203, quand Paris en compte 302 et le premier, New-York, 468). C’est somme toute un bilan dont « Monsieur Plus » peut-être satisfait ! Ajoutons encore qu’il compte 12 lignes dont la première a été ouverte en 1935 après Londres (1863), New-York (1870), Chicago (1892), Budapest et Glasgow (1896), Paris (1900), Boston (1901), Berlin (1902), Philadelphie (1907), Newark (1908), Hambourg (1912), Buenos-Aires (1913), Madrid (1919), Barcelone (1924). S’il arrivait ainsi un peu tardivement dans les grandes villes mondiales, il a manifestement su rattraper son retard.

Dans mon métro, je ne suis jamais à l’étroit
Parce que dès l’enfance, c’est comme une chanson
Où en guise de refrain il y a :
Ne bougez pas à droite, avancez à gauche !
L’ordre est éternel, l’ordre est sacré :
Ceux qui sont à droite ne bougent pas,
Mais ceux qui vont de l’avant toujours
Doivent rester du côté gauche[1].

En 1987, prendre le métro se révélait extrêmement simple car il n’y avait pas alors de ticket à acheter et à faire poinçonner ! Il suffisait de glisser une pièce de 5 kopecks (5 centimes de rouble), soit 25 centimes de franc (correspondant à 0,6 € de 2017), dans la fente du portillon automatique. Pas de ticket, pas de contrôleur ! Les choses ont évidemment changé depuis, pas strictement parce que le système économique est devenu capitaliste, mais surtout parce que l’inflation a été galopante et que les kopecks ont finalement disparu de la circulation. Il faut désormais acheter un ticket et il en coûte 55 roubles (soit 0,8 € de 2017) ce qui constitue une augmentation de la valeur nominale du titre de transport de 110 000 % consacrant, de fait, la dévaluation du rouble.

Depuis sa création, les stations sont construites avec des quais d'une longueur de 155 mètres permettant d'accueillir des rames de 8 voitures (Paris, 5). Par contre, la densité des stations est beaucoup plus faible qu’à Paris, une station tous les 1,6 km pour une tous les 0,6 km à Paris. Mais les trains sont très fréquents, l'intervalle moyen entre les trains est de 2’30 mais, aux heures de pointe, il est seulement de 35 secondes en moyenne (un peu plus d’une minute à Paris). Bien sûr, le métro de Moscou est connu pour la décoration de certaines de ses stations : Kievskaya avec des médaillons de mosaïques et des lustres, Komsomolskaya avec marbres et lustres, Mayakovkaya aux formes modern-style, aux murs de marbre gris, flanqués de piliers aux arrêtes en métal poli, Novodoslovodaskaya avec des vitraux, Ploschad Revolyutsii avec 76 statues en bronze des « défenseurs de la nation », Arbatskaya avec sa voûte en ogive, Kurskaya aux allures de temple grec… Les nouvelles stations ne sont pas moins intéressantes comme Dostoyevskaya, ouverte en 2010, avec ses fresques reprenant des scènes d’œuvre majeures de Dostoïevski.

Et la signalétique ? Ah, difficile à saisir d’autant plus qu’écrite en cyrillique ! Moins claire que dans le métro parisien ; aux correspondances on finit par repérer les numéros des lignes, mais on ne sait pas toujours dans quel sens vont partir les rames ! Il y a néanmoins un « truc » : les annonces sont réalisées par une voix masculine pour les trains qui vont vers le centre et par une voix féminine pour les trains qui s’éloignent du centre[2]. Oui, mais quand on est tout près du centre ?

Attention toutefois ! A la station Ploschad Revolyutsii, comme tous les Moscovites, ne pas omettre de caresser le museau, ou la patte, du chien de la statue du partisan accroupi !


[1] Boulat Okoudjava. « Chanson du métro de Moscou ». Sd.

[2] Voir Russiable, le blog pour voyager en Russie. « Comment utiliser le métro à Moscou et quelles stations visiter ».

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