Le Musée Wallraf-Richatz & Fondation Corboud – Le musée Ludwig

 

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Le Musée Wallraf-Richatz & Fondation Corboud est le plus ancien musée de Cologne. Le fonds initial du musée a été constitué en 1824 par la très importante collection d’art médiéval de la succession de Ferdinand Franz Wallraf, botaniste, mathématicien, théologien, prêtre, recteur de l’université et collectionneur d’art.

« Dans Cologne même, j’ai vu le musée Wallraf. Je serai bien tenté de vous en faire ici l’inventaire, mais je vous épargne »[1].

Si Victor Hugo ne s’est pas lancé dans l’aventure de la description des œuvres du musée Wallraf, je ne saurais faire mieux d’autant qu’en sus d’une des plus importantes collections du monde d'art médiéval le fond a ensuite été enrichi par de nombreuses donations notamment de la peinture baroque avec des tableaux de Rubens, Rembrandt, Murillo et Boucher. Mais, en 1937, les nazis confisquent des œuvres modernes pour leur exposition de propagande sur « l’Art Dégénéré » et la collection perd notamment des peintures et des dessins de Picasso, Munch, Beckmann, Gauguin, Dix et Kokoschka.

Après guerre, avec les œuvres confiées par la Fondation Corboud au musée, celui-ci possède désormais la plus grande collection d'art néo-impressionniste en Allemagne avec des Van Gogh, Cézanne, Gauguin, Bonnard, Ensor, Munch… Suite à la création du musée Ludwig, la partie de la collection concernant le XXe siècle a rejoint ce musée. Enfin, l’ensemble de la collection s’est installé dans un nouveau bâtiment en 2001 qui présente ses richesses sur trois niveaux : un premier niveau consacré au Moyen-âge, un second au Baroque lequel présente surtout une très riche collection de peintures hollandaises, le troisième au XIXe siècle. Ce n’est donc pas un musée à prétention universaliste, mais un musée sur trois thématiques fortes. La collection des impressionnistes est remarquable, exposée dans de grandes salles lumineuses, dégagées, qui permettent d’apprécier les tableaux sans avoir à se battre ou à jouer des coudes !

Les collections du musée Ludwig poursuivent celles du musée Wallraf-Richatz avec la fin de l’impressionnisme, l’expressionnisme, le cubisme, le nouveau réalisme, le Pop Art (Roy Lichtenstein, Rosenquist, Warhol, Wesselmann), l’art abstrait mais aussi des œuvres de l'avant-garde russe datant de 1905 à 1935 (Gontcharova, Malevitch, Rodchenko). C’est la plus importante collection Pop Art hors des Etats Unis, c’est aussi la troisième plus grande collection Picasso au monde après Barcelone et Paris.

Le bâtiment du musée Ludwig a été ouvert en 1976 suite au don à la ville de Cologne de près de 350 œuvres d'art, expressionnistes et modernes, par Irène et Peter Ludwig. La toiture du musée faites de vagues en zinc et verre permet de diffuser dans l’ensemble du bâtiment une lumière douce. Les salles sont vastes, les circulations commodes et faciles, la lumière bien maitrisée assurant une visite des plus agréables.

Entre autres richesses, le musée Ludwig possède le tableau de Max Ernst « Au rendez-vous des amis ». En 1922, Max Ernst (1891 / 1976) quitte Cologne pour s'installer à Paris chez le couple Eluard. Il avait précédemment semé la pagaille à Cologne où il avait exposé des collages réalisés avec Hans / Jean Arp, rebaptisés FaTaGaGa (FAbrication de TAbleaux GArantis GAzométriques), exposition qui avait été fermée par la police pour trouble à l'ordre public. Il participera aux activités du groupe surréaliste à Paris avec Robert Desnos, Philippe Soupault, André Breton, Louis Aragon, Paul Eluard, Giorgio de Chirico… Le 5 décembre 1922, dans la maison de Paul Eluard, rue Chaussée à Saint-Brice-sous-Forêt, il peint « Au rendez-vous des amis ». Y sont représentés les différents membres du groupe agrémentés de quelques personnages de référence, Ernst est lui-même assis sur les genoux de Dostoïevski et Raphaël semble surveiller cette bande d’énergumènes qui vont révolutionner la peinture et la littérature.

Max Ernst sera naturalisé américain en 1948, puis français en 1958.


[1] Victor Hugo. « Le musée Wallraf – Lettre XII » in « Le Rhin –Lettres à un ami ». 1838.

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