Un candidat qui ne manque pas d’imagination et d’esprit d’à-propos

 

Cameroun Sud Nguet Formation professionnelle

A Ebolowa sont regroupées trois écoles d’agriculture. Outre l’Ecole Technique et le Collège Régional, une école de formation des spécialistes de la coopération vient compléter l’ensemble. Construits sur des crédits de la Banque mondiale, les bâtiments des écoles sont strictement semblables à ceux des écoles de Bamenda et, comble du mimétisme, on retrouve les mêmes magnifiques rideaux en tissus d’ameublement, à fond bleu et or, représentant des oiseaux à la riche parure dans des ramages luxuriants ! 

Les écoles sont également dans le même état : si les salles de cours possèdent l’indispensable, tables, chaises et tableau noir, tous les autres équipements pédagogiques, matériels de laboratoire et audiovisuels, sont inutilisés soit parce qu’il manque une partie des pièces, soit parce que les personnels ne savent pas s’en servir. Seule différence, il n’y a pas de jardins potagers pour les élèves.

Par contre, comme à Bamenda, rien n’est jamais prêt quand nous arrivons pour les jurys et notre premier soin est donc, à chaque fois, d’organiser une réunion de planification des travaux des jurys : composition des jurys, rappel sur les objectifs, les modalités de déroulement, ordre de passage des candidats, consignes de présentation des mémoires aux candidats, réception des mémoires d’étude et lecture.

Seuls les thèmes des applications changent en fonction des cultures agricoles locales, plutôt centrées sur le café et le cacao. Mais nous avons aussi, parfois, le plaisir de participer à des jurys dans des conditions plus novatrices, comme ce cours de formation des responsables de la petite coopérative agricole du village de Nguet situé à quelques kilomètres d’Ebolowa. L’un de nos étudiants a imaginé réaliser un cycle de formation de responsables de cette coopérative, cycle comprenant des éléments de formation en droit, en économie et en comptabilité. C’est une heureuse initiative.

Les interventions se déroulent dans la maison du chef du village, également président de la coopérative. Une à deux fois par semaine le chef organise une réunion à laquelle sont invités une dizaine de personnes, le secrétaire et le trésorier du groupement ainsi que leurs adjoints. La maison du chef de village est une grande maison de banco, comme toutes celles de la région, qui se distingue seulement par sa taille plus imposante, ses volets de bois et son toit de tôle. A l’intérieur, même simplicité que dans toutes les maisons visitées, sol de ciment, un canapé usagé, de nombreuses petites tables de desserte et une grande table couverte d’une nappe préparée pour l’apéritif, des chaises dépareillées et une vénérable machine à coudre à pédale ; au mur, un magnifique portemanteau avec glace et porte parapluie ainsi que des photographies récentes épinglées sur une planche. 

Chacun des participants, le chef donnant l’exemple, met du cœur à l’ouvrage lors de la réalisation de la session de formation. Les participants ne sont évidemment pas totalement représentatifs de la population moyenne du village : ils ont des responsabilités sociales, ils ont suivi une scolarité primaire, parlent et écrivent bien le français. Mais l’objectif est justement d’améliorer encore leur formation pour leur permettre de remplir pleinement les responsabilisé qu’ils ont choisi d’assumer. Aussi la motivation des participants est-elle acquise. Ils sont venus avec leur cahier et leur stylo à bille et prennent très soigneusement des notes au cours de la session de formation.

A l’issue de la leçon, le chef invite jury, professeurs et participants à trinquer avec une bonne bière mais aussi des « sucreries » et des arachides grillées.

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