Routes, autoroutes, métros et voies de chemin de fer et aériennes

 

Iran Autoroute d'Ispahan à Kashan

Jusqu’en 2015, avant la fin de l’embargo, les Iraniens voyageaient majoritairement par la route, à 95%, à 4,9% par le train et seulement 0,1% par avion. A l’horizon 2025, les prévisions sont très différentes : 70% par la route, 18% par le train et 12% par avion. Outre des modifications dans les comportements, cela tient également aux grands projets d’infrastructures réalisés, en construction ou en projet.

L'Iran possède un bon réseau routier goudronné reliant la plupart de ses villages et toutes ses villes. Le pays possède 200 000 km de routes (France : 1 000 000 de km[1]), dont plus de 65 000 sont urbaines ou interurbaines.

Un plan ambitieux prévoit l’allongement du réseau autoroutier à 45 000 km d’ici 2025 (France 2015 : 12 000 km) mais également l’augmentation de leur capacité d’accueil en zones urbaines car la circulation dans les grandes villes est dense, notamment à Téhéran. Le taux de possession de véhicules est de 200 voitures pour 1000 habitants (480 en France) mais les perspectives de développement du marché automobile sont importantes.

Le réseau ferré iranien comprend 8 500 km de voies ferrées (France : 30 000 km). D’ici 2025, le réseau ferré devrait s’étendre à 25 000 km avec un taux d’électrification de plus de 20% et un taux de lignes doubles supérieur à 20%. De grands projets ont été réalisés ou sont en cours. En 1995, a été ouverte la voie ferrée Téhéran / Bandar-e ‘Abbas qui permet de traverser tout l’Iran en reliant le port du Golfe Persique à l'Asie Centrale (Turkménistan, Ouzbékistan) via Téhéran et Machhad. En 2018, une entreprise chinoise vient de signer un contrat pour réaliser une voie ferrée de 450 km entre Bouchehr, autre grand port iranien du Golfe Persique, et Chiraz, ville du sud, reliée à Téhéran. Il existe également un projet sino-iranien de construction d’une ligne à grande vitesse entre Téhéran et Machhad. Enfin, depuis 2016, l’Iran est relié à la Chine par voie ferrée dans le cadre du projet des routes de la Soie ce qui permet un transfert de marchandises en 12 jours au lieu de 30 par la mer.

Téhéran possède un métro comprenant 4 lignes. Les lignes 3 et 6 sont en cours de construction. La ligne 6 s’étend sur 31 km et compte 27 stations, faisant de ce tunnel l’un des plus longs d’Iran. Machhad, Chiraz, Tabriz, Ahvaz, Qom et Ispahan sont également en train de construire des réseaux de métros.

Pour le transport aérien, l’Iran a de nombreux projets de construction ou de rénovation d’infrastructures déjà existantes avec un nouveau terminal à l’aéroport international de Téhéran, ainsi qu’à Machhad, Ispahan et Tabriz.

Si les travaux d’infrastructures de transport sont nombreux et souvent spectaculaires, certains apparaissent toutefois « en rade », comme la ligne de monorail de Qom ou la voie ferrée directe entre Yazd et Chiraz. Le monorail de Qom était réalisé en partenariat avec un constructeur italien Furno Costruzioni FerroviarieSpaqui devait livrer les véhicules pour une mise en service qui avait été prévue en 2013. Mais, en 2018, si des infrastructures aériennes particulièrement imposantes ont été réalisées (pylônes, poutres, gares), celles-ci sont toutefois encore incomplètes et les travaux manifestement arrêtés. De même pour la ligne directe de chemin de fer Yazd / Chiraz pour laquelle le remblai a été réalisé mais il y manque encore quelques ponts sans qu’il se remarque d’activité sur le chantier.

Manifestement ces grands travaux d’infrastructures répondent aux besoins économiques, technologiques et sociaux du pays, mais je ne peux pas m’empêcher de faire l’hypothèse qu’ils sont aussi, pour la théocratie iranienne, un moyen de présenter, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, une image du développement du pays qui corresponde aux critères généralement acceptés de la soi-disant « modernité ».


[1] Les comparaisons Iran / France sont évidemment très délicates. Si, en 2015, l’Iran comptait un peu plus d’habitants que la France (78 millions / 66 millions) ceux-ci sont dispersés sur une territoire trois fois plus vaste (1 650 000 km2 /  643 000 km2).  Compte-tenu de vastes zones de déserts, l’Iran a une densité de population beaucoup plus faible (47 habitants au km2 contre 102). Les données françaises sont donc plus à prendre comme des indications générales que comme des éléments de comparaison.

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