Un test national – Une alliance des partis de Gauche exceptionnelle aujourd’hui en Europe

 

Portugal Algarve élections municipales

Décidemment cette année, j’aurai vécu sur place les élections allemandes puis les élections portugaises ! Comme en Allemagne d’ailleurs, la tradition de la propagande électorale au Portugal c’est de représenter les visages des têtes de listes des partis politiques sur des affiches accrochées aux lampadaires ou au mobilier urbain. Si nous avions remarqué les affiches électorales à Lisbonne, c’est à Silvès qu’une serveuse de restaurant a enfin pu éclairer notre lanterne…

 Tous les quatre ans, les 4,6 millions d’électeurs portugais sont convoqués à des élections locales. En 2017, elles ont lieu le 1er octobre. A cette même date, il y a trois élections distinctes dans les 308 municipalités portugaises : le président et les membres de l’assemblée municipale (organe délibératif), le maire et les membres de la Chambre municipale (organe exécutif), le président et les membres des 3.091 paroisses (« freguesia » en portugais), la plus petite entité administrative du Portugal. Les freguesias peuvent représenter une ville (cidade), un bourg (vila) un village (aldeia), une cité ou un quartier d'une cité, avec pour rôle d'assurer une représentation équitable des citoyens portugais dans l'administration territoriale.

L’enjeu des élections de 2017 n’est pas seulement local. C’est également un test pour le parti socialiste (PS, Partido Socialista) qui gouverne le pays depuis près de deux ans (novembre 2015)  dans une association avec la Coalition Démocratique Unitaire (CDU, Coligação Democrática Unitária, une coalition du Partido Comunista Português et du Partido Ecologista « Os Verdes ») et les membres du Bloc de gauche (BE, Bloco de Esquerda). En effet, le Parti socialiste plutôt que de soutenir le premier ministre pro-austérité de centre-droit, Pedro Passos Coelho (PSD, Partido Social Democrata) qui ne disposait plus de la majorité absolue au Parlement, avait alors choisi une alliance à gauche. Au moment où les partis socialistes sont quasiment tous en crise en Europe pour avoir géré consciencieusement les affaires au profit des grands groupes industriels et commerciaux, l’expérience portugaise apparait donc peu ordinaire. 

« Les socialistes ne conquièrent pas le pouvoir politique, c’est le pouvoir politique qui a conquis les socialistes »[1].

Le parti victorieux de ces élections locales de 2017, c’est le Parti socialiste avec un gain de 10 municipalités, ce qui lui permet de gérer désormais 159 des 308 municipalités du pays. Par contre, c’est un échec pour le PSD et l’ex-Premier ministre Pedro Passos Coelho, lequel a d’ailleurs annoncé son retrait de la vie politique au soir de l’élection.

Bien que la gauche a globalement augmenté son pourcentage en voix et en élus lors de ces élections, seul le PS a réussi à gagner de nouvelles municipalités. La CDU, l'alliance communiste-verte a perdu 10 villes, notamment dans l’Alentejo, le bastion historique du PCP, 9 au profit du PS et 1 à un indépendant, et représente désormais un peu moins de 10% des voix. Cette coalition avait été formée pour la première fois en 1987 afin de se présenter aux élections simultanées législatives et européennes.

A Silvès, notre cicérone nous apprend que c’est la coalition CDU qui a remporté les élections et qui a donc conservé la municipalité. Sur les 17 municipalités de l’Algarve, c’est toutefois la seule qui a fait ce choix (couleur rouge foncé sur la carte des résultats électoraux de l’Algarve). Globalement, c’est la couleur rose (représentant le Parti socialiste) qui domine. Le parti de droite, PSP-CDS (couleur orangée sur la carte des résultats électoraux), remporte six municipalités dont celles des villes balnéaires de Faro et Allbufeira.


[1] Alfred Döblin. « Berlin Alexander Platz ». 1929.

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