Les liaisons CDG / Paris – Une sécurité des transports qui semble très aléatoire

 

Paris 2084 Grand Paris Express

Dans l’avion, renseignement pris auprès de mon voisin sur le meilleur moyen de se rendre au centre de Paris, celui-ci me conseille les taxis-drones, mais chers, la "Maglev line" rapide et sûre, mais aussi bien évidemment assez chère ; à défaut, le métro du Grand-Paris-Express qui malgré ses soixante ans reste sûr et rapide. Par contre, il m’a déconseillé les autos-taxis, lents par suite des embouteillages et de la multiplication des checks points, ainsi que l’ancienne ligne de RER dangereuse avec la multiplication des bandes locales qui agressent et dévalisent fréquemment les voyageurs.

Arrivé à CDG, il me reste à trouver où se trouve la station du Grand-Paris-Express ! A CDG, c’est toujours la pagaille, les évolutions des modes de transport, Maglev, "hyperloop", "airships", et enfin "personal planes and helicopters", ont rendu obsolètes les anciens bâtiments qui sont en perpétuels travaux d’adaptation, rendant très difficile la circulation des personnes. Mais, manifestement, il y faut plus que cela pour expliquer la confusion actuelle : des familles entières squattent les différents recoins de l’aéroport mais aussi ses grands halls, avec paquets, couvertures et sacs alimentaires. Que s’est-il donc passé ? 

Je finis par obtenir des bribes d’information. "Official version" : une tentative de contrôle de la zone d’Aulnay-sous-Bois / le Bourget par une milice de Suprématistes chrétiens contre celle des Musulmans républicains, alors qu’ils étaient jusqu’à présent compagnons d’arme. Ou, version des milieux « bien informés » : un changement de coalition au sein du parti présidentiel, qui aurait fait alliance avec les Suprématistes chrétiens contre les Musulmans républicains dont ils se seraient débarrassés. Toujours est-il que, pendant trois jours, la zone a été déclarée "Prohibited", livrée aux pillages, à la chasse à l’homme et aux meurtres. D’après le communiqué de la Présidence de la République la zone est désormais "Free", la vie est à nouveau tout à fait normale, les commerces sont ouverts, les routes sécurisées et chacun vaque à ses occupations habituelles.

En slalomant entre les réfugiés, je trouve enfin la station du Grand-Paris-Express. Surprise : il existe plusieurs "railway companies" qui exploitent la ligne et le tarif, pour la même destination, est différent d’une compagnie à l’autre ! Evidemment, quand j’arrive sur le quai, c’est un train d’une autre compagnie qui entre en gare m’obligeant à attendre celui, plus tardif, de la compagnie choisie. Le métro du Grand-Paris-Express accuse son âge même si les voitures ont été renouvelées assez récemment mais leur état d’entretien est assez médiocre, peintures sales, tissus fatigués et crasseux. Ajoutez des boites d’emballage de pizzas et des gobelets de plastique biodégradables qui traînent un peu partout. La "Maglev line" doit être plus clean, seulement elle est deux fois plus chère !

A deux pas de la gare du Chatelet-Les Halles, notre rame ralentit et s’arrête dans le tunnel. Puis, après une dizaine de minutes d’attente, la lumière faiblit. Quelques minutes encore et c’est le black-out. Personne ne proteste comme si la chose était habituelle. Tout au plus quelques voyageurs sortent-ils leurs GSM pour avertir leurs familles. Après une bonne demi-heure d’attente, sans aucune information de la part des employés et alors que la température grimpe dangereusement dans le wagon, la lumière revient. Notre rame redémarre et arrive enfin le long des quais réservés à la compagnie car la "Central underground station" est découpée en plusieurs royaumes, ceux des différentes compagnies rivales.

Le plus extraordinaire pour moi c’est que, dans cette situation, les Parisiens n’ont pas bougé, n’ont pas protesté et ne râlent pas. Ils semblent accepter l’incertitude des horaires de transport, l’usure du matériel, voire même d’éventuels incidents matériels, comme si tout cela était "normal". Les Parisiens n’auraient-ils pas d’exigence sur la sécurité des transports ? Sur la responsabilité des entreprises dans la sécurité des voyageurs qu’ils transportent ? Pour le dire autrement, le coût d’une possible catastrophe ferroviaire est-il une variable d’ajustement économique, au même titre que celui du coût de l’entretien régulier des voies et du matériel roulant ? Si c’était le cas, ce serait le signe que l’idéologie libérale imprègne largement les esprits des Parisiens si plus personne n’ose protester quand la possibilité de l’accident, ou de la catastrophe, est acceptée comme "normale" ? Ou est-ce parce que protester, c’est reconnaître que l’on fait partie des "losers" ? Chacun accepte-t-il ces situations à risques pour essayer de correspondre à l’image idéale du "winner" véhiculée par les medias ? 

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