Un jeu des sept différences ?

 

Rome Campo Marzio Piazza del popolo Chiese gemelle

Santa Maria in Montesanto et Santa Maria dei Miracoli furent construites à la demande d’Alexandre VII Chigi (1599 / 1667). Elles encadrent le début de la via del Corso, entre les via del Babuino à gauche et la via di Ripetta à droite. Elles furent commandées en 1661 à Carlo Rainaldi (1611 / 1691) mais terminées par Le Bernin (1598 / 1680) en collaboration avec Carlo Fontana (1638 / 1714).

Depuis 1953, Santa Maria in Montesanto est considérée comme l’église des artistes et elle accueille, chaque dimanche, des représentants du monde de la culture et des arts, ainsi que la plupart des funérailles impliquant des personnalités artistiques. Santa Maria dei Miracoli doit son nom au sauvetage miraculeux d'un bébé tombé dans le Tibre, le 20 juin 1325, après que sa mère ait invoqué une image peinte de la Vierge. Une chapelle dédiée à Marie et à l’image miraculeuse a été construite le long du Tibre, près de l'actuel pont Marguerite, puis l’image fut installée dans la nouvelle église.

« Les deux églises élevées par le cardinal Castaldi à l’entrée du Corso sont d’un effet médiocre. Comment un cardinal n’a-t-il pas senti qu’il ne faut pas élever une église pour faire pendant à quelque chose ? C’est ravaler la fonction divine »[1].

Il ne faut pas s’étonner de la mauvaise foi de Stendhal car celui-ci n’aimait pas l’art baroque ! Aurait-il rédigé la même appréciation si cela avait concerné deux monuments antiques comme il en existait d’ailleurs à cet emplacement ? Et pourtant, l’architecture des églises jumelles s’inspire de celle du Panthéon : une base circulaire surmontée d’une coupole et précédé d’un pronaos supporté par des colonnes. A la différence du dôme du Panthéon surbaissé et sans tambour, les deux églises sont surmontées d’un dôme de forme quasi demi-sphérique sur un haut tambour. 

Si les deux églises apparaissent identiques, elles comportent toutefois plusieurs différences car les architectes durent prendre en compte des dimensions différentes des terrains disponibles.  D’une part l’angle que fait la via del Babuino avec le Corso n’est pas exactement le même que celui que fait la via di Ripetta avec le Corso et d’autre part, en profondeur, l'espace n'était pas identique. Il s’agissait alors de construire deux églises qui donnent l’impression d’être identiques, mais sans qu’elles puissent l’être. Cette contrainte obligea l’architecte Rainaldi à dessiner un plan elliptique avec une coupole dodécagonale pour Santa Maria in Montesanto et un plan circulaire avec une coupole octogonale pour Santa Maria dei Miracoli.  Les campaniles furent rajoutés au XVIIIe siècle et sont également différents l’un de l’autre.

La construction de Santa Maria in Montesanto[2] démarra en 1662. À la mort du souverain pontife, en 1667, les travaux furent suspendus et ne reprirent qu’en 1673 pour se terminer en 1679 sous la direction du Bernin et de Carlo Fontana. 

La construction de Santa Maria dei Miracoli fut, pour sa part, entreprise entre 1675 et 1677 par Carlo Rainaldi, puis poursuivie par Carlo Fontana, de 1677 à 1681, sur des financements du cardinal Giralomo Castaldi qui y sera enterré.


[1] Stendhal. « Promenades dans Rome ». 1829.

[2] « Roma - Rione IV Campo Marzio Piazza del Popolo - via del Babuino – via del Corso - La Chiesa di Santa Maria di Montesanto - Ricerca storico artistica ». Sans nom d’auteur ni date.

Liste des promenades dans Rome et liste des articles sur Campo Marzio entre Corso et Tibre

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