Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Notes d'Itinérances
1 septembre 2022

Chroniques tunisiennes 1975 / 2023 (32/69). Virage dans la coopération internationale française.

D’une coopération nationale dans le cadre d’un service public, à des échanges internationaux libéralisés

 

Paris Ministère de la Coopération

 

A partir de 1984 la magnifique enveloppe pour l’exercice de missions à l’étranger disparait. Désormais, les ministères ne préparent plus les missions des experts français à l’étranger. Les ministères confient leur organisation à leurs établissements par l’intermédiaire d’un banal contrat de services. C’est donc désormais à chacun de faire ses réservations d’avion, d’hôtel, ses achats de billets, et ceci auprès de la première agence de voyage venue… en faisant jouer la concurrence. 

 

C’était le signe annonciateur d’une redéfinition des missions internationales de l’État, un premier pas vers le passage progressif d’une politique nationale de coopération, volontaire, dans le cadre d’un service public, à des échanges internationaux de plus en plus mercantis. Grandeur et décadence. La « mission civilisatrice de la France » en prend un sacré coup ! Mais ce ne fut pas la seule chose qui changea. La disparition de la magnifique enveloppe et de l’agence de voyages du ministère annonçait des évolutions plus profondes et sérieuses : une vision nouvelle de la « coopération » internationale. Le ministère de la Coopération, créé en 1961, qui avait alors pour vocation d'aider les pays dits « du champ » [1], c’est-à-dire essentiellement les ex-colonies françaises, et qui gérait notamment l'assistance technique [2], disparaît en 1999 et ses activités sont intégrées au ministère des Affaires étrangères [3]. En 2004, la gestion des projets de coopération sur dons français, qui était encore effectuée par le ministère des Affaires Étrangères dans le cadre d’un fond de solidarité, est confiée à l’Agence Française de Développement, c’est à dire à peu près toutes les activités : agriculture, développement rural, environnement, infrastructures et développement urbain, santé, éducation de base et formation professionnelle. Seuls l'appui à la francophonie, à l'enseignement du français et à l'enseignement supérieur restent désormais pilotés et suivis par le ministère des Affaires étrangères [4].

 

L’Agence Française de Développement est un établissement public qui finance et accompagne des programmes de développement qui « soutiennent une croissance économique plus durable et partagée ». Elle instruit et met en œuvre les actions d’appui dans les différents secteurs dont elle est chargée. Surtout, elle privilégie une approche différente de celle qui était jusqu’alors utilisée par le ministère de la Coopération, une approche dite « programme », plus globale, de grande ampleur, insérée dans les orientations politiques des États et les interventions des organismes internationaux, par grands secteurs (éducation, agriculture...), sous la responsabilité des pays bénéficiaires. Alors que l’ancienne approche par « projet » était souvent de taille plus modeste, plus autonome, plus décentralisée, plus territorialisée. 

 

Certes, cette évolution prend en compte les nouveaux rapports de puissance : à savoir le développement des pays dits autrefois du « Tiers monde » et de leurs capacités de gestion, dans une relation désormais moins déséquilibrée. Cette vision plus globale, par « programmes », plus intégrée dans les politiques des États, évite les effets de dispersion entre de nombreuses petites actions, par « projets », voire parfois de concurrence entre des financeurs extérieurs. Mais c’est aussi une approche totalement intégrée dans le système économique marchand et la liberté des échanges internationaux, plus centralisée dans sa gestion, moins préoccupée d’indépendance nationale, de développement social, des couches les plus pauvres de la population. Elle permet difficilement l’existence d’actions plus modestes, plus expérimentales, voire marginales, mais plus en contact des populations, qui se réalisent souvent sur une base plus militante, plus participative et pouvant être très innovantes socialement. Contradiction : au moment où tout le monde prône le « participatif », les actions de coopération s’éloignent des populations pour s’insérer dans des politiques centralisées !

 


[1] On peut aussi parler de « pré carré » !

[2] En 1970, il y avait plus de 25 000 coopérants déployés dans « les pays de champs », ils n’étaient plus que 3 000 dans le monde entier en 1999.

[3] S’il existait un ministre chargé de la coopération auprès du ministre des Affaires étrangères jusqu’en 2012, il est depuis remplacé par un ministre délégué au Développement ou un secrétariat d’État au développement. L’hôtel de Montesquiou, qui hébergeait le ministère de la coopération de la rue Monsieur, a été vendu et acheté par l’ambassade de Chine. Une situation qui illustre les grands bouleversements internationaux (note de 2018).

[4] Julien Meimon. « Que reste-t-il de la Coopération française ? ». In « Politique africaine », vol 105. N°1. 2007.

 

Liste des articles sur Chroniques tunisiennes 1975 / 2023

Télécharger le document intégral

Commentaires
Fabrication artisanale...
Promenades dans Rome

Des Romaines !

Découvrir la Rome baroque

La traversée de Rome par le Corso

Le Caravage à Rome 

Les fontaines de Rome

Les obélisques de Rome 

Les statues parlantes 

Rome étrange et curieuse

Rome disparue

Lectures romaines 

 

Quartiere Flaminio Parioli / MAXXI, Ponte Milvio

Quartiere Nomentano / MACRo, Villa Torlonia 

Quartiere Ostiense / Montemartini, Garbatella

Quartiere Pinciano / Villa et parc Borghese

Rione Borgo / Sant'Angelo, Saint-Pierre

Rione Campitell / Capitole, cirque Maxime

Rione Campo Marzio / Piazza del Popolo

Rione Campo Marzio / Spagna, Trinità dei Monti

Rione Castro Pretorio / Thermes de Dioclétien

Rione Celio / Colisée, Villa Celimontana

Rione Colonna / Panthéon, Montecitorio

Rione Esquilin / Piazza VE II, Santa Croce

Rione Ludovisi/ Via Veneto, chiesa dei Capucini

Rione Monti Suburra / Santa Maria ai Monti

Rione Monti Esquilino / Santa Maria Maggiore

Rione Monti Latran / San Giovanni in Laterano

Rione Parione / Campo dei Fiori, Navona

Rione Pigna / Places Argentina, Minerva, Gesù

Rione Ponte / Chiesa nuova, S.Maria della Pace

Rione Regola / Palais Farnese et Spada 

Rione Ripa / Aventin, Arc de Janus, Ile Tibérine

Rione Sallustiano / Santa Maria della Vittoria

Rione San Saba / Thermes Caracalla, San Saba

Rione Sant'Angelo / Teatro di Marcello, Ghetto

Rione Sant'Eustachio / St-Louis-des-Français 

Rione Testaccio / Pyramide, cimetière acatholi. 

Rione Trastevere / Farnesina, Janicule

Rione Trastevere / Ripa, Santa Maria in T.

Rione Trevi / Fontaine de Trevi, Quirinal

 

Suivez-moi