La traversée de Rome par le Corso (6/29). Corso n°18, la Maison de Goethe (Rione Campo Marzio).
Quand Rome était l’université de Goethe et du monde
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_5fe51f_corso-campo-marzio-maison-de-goethe.jpeg)
La via del Corso, dénommée ainsi du fait des courses de chevaux qui s’y déroulaient pour le carnaval[1], traverse, ou longe, quatre rioni (arrondissements) : Campo Marzio, Colonna, Pigna et Trevi. En 1736, le Corso a été nivelé et, en 1829, Stendhal jugeait la rue du Corso étroite, humide et sentant le chou pourri, mais néanmoins « la plus belle de l’univers » par la qualité de ses monuments ! Au XIXe siècle, les mesures furent prises pour transférer les bouchers, épiciers ou fripiers vers d’autres endroits, afin d’assurer la bienséance d’une rue désormais destinée à la promenade publique. Des magasins de vêtements et de haute couture, des librairies, des boutiques d’antiquaires et de bijoutiers seront ouvertes. La nuit du 6 janvier 1854 la via del Corso sera éclairée au gaz pour la première fois. A la fin du XIXe siècle, la « trottata » au Corso était habituelle en fin d’après-midi : un défilé de voitures des puissants, des ambitieux, ou des aigrefins divers, dans laquelle étaient assises des personnes aux vêtements élégants, afin de se montrer, saluer ses connaissances, ses protecteurs ou ses protégés, apprécier les jolies femmes et faire sa cour aux uns comme aux autres, nouer des relations. Mais la pratique en était ancienne…
« Le plus commun exercice des Romains, c’est se proumener par les rues ; et ordinairement l’entreprise de sortir du logis se fait pour aller seulement de rue en rue sans avois où s’arrester ; et y a des rues plus particulièrement destinées à ce service » [2]
Après l'assassinat du roi Umberto Ier de Savoie, le 30 juillet 1900, la rue a été rebaptisé Corso Umberto puis, à la Libération de Rome, en 1944, Umberto Ier n’ayant pas laissé que de bons souvenirs (répression sanglante des mouvements populaires de 1898), le nom a été changé en Corso del Popolo. Deux ans plus tard, on est revenu au toponyme traditionnel utilisé par tout Romain : Corso ! Le long du Corso sont situés des palais de grandes familles romaines, de nombreuses églises et des monuments d’importance. On n’y voit plus de population misérable, en haillons, encore moins de galériens enchaînés nettoyant la rue comme le notait Stendhal, mais une suite de boutiques d’un « luxe » de plus en plus commun et international, et non plus de ce luxe romain qui se montre sans ostentation et où la pureté de la ligne est remarquable.
Au n°18 de la via del Corso, Johann Wolfgang von Goethe résidera de 1786 à 1788 dans l’appartement de son ami, le peintre Johann Heinrich Wilhelm Tischbein. Écrivain, poète et homme politique (ministre du duché de Saxe-Weimar-Eisenach, conseiller secret, directeur des finances, commissaire à la guerre !) Goethe y séjournera sous le faux nom de Filippo Miller (ou « peintre Müller »).
« En Italie ! En Italie ! Paris sera mon école, Rome mon université. Car c'est vraiment une université ; qui l'a vue a tout vu ».
A Rome, il écrit une partie de son livre « Voyage en Italie », visite sites et musées, cornaqué par Johan Joachim Winckelmann, fondateur de l'histoire des arts et auteur d'un traité pour l'imitation de l'Antique. Il se promène dans la campagne romaine, herborise, suit des leçons d'anatomie, fréquente les ateliers des peintres allemands, ainsi qu’une jeune inconnue qu’il nommera Faustine dans ses Élégies romaines.
L’appartement est désormais transformé en musée (photo). L'exposition permanente de la maison de Goethe est dédiée au voyage du poète en Italie, à sa vie et ses écrits à Rome. Le visiteur peut découvrir de nombreux aspects de la vie quotidienne des artistes dans le fameux appartement du Corso. Avec des lettres et des journaux intimes de Goethe, des dessins et des croquis de Tischbein - où apparaît un Goethe détendu et heureux, bien loin de la vie d'un ministre des Finances à Weimar qu’il avait fini par fuir en catimini et en se cachant ! Outre des souvenirs du voyage de l’écrivain à Rome, le petit musée présente aussi des expositions temporaires[3].
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_975cf0_corso-campo-marzio-piazza-del-popolo-0.jpeg)
/image%2F1313864%2F20260903%2Fob_3558e6_rome-campo-marzio-piazza-del-popolo-4.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_c9f766_corso-campo-marzio-piazza-del-popolo-0.jpeg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_64654b_corso-campo-marzio-piazza-del-popolo-p.jpeg)
/image%2F1313864%2F20260822%2Fob_3873ae_theme-corso.jpg)
/image%2F1313864%2F20260828%2Fob_0e2e59_sens-interdit.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_2ec39c_etrange-statues.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_4f7bdf_trieste-district-coppede-1.jpeg)
/image%2F1313864%2F20260729%2Fob_a8ef9a_rome-celio-villa-campana-1855.jpg)
/image%2F1313864%2F20260726%2Fob_5c368e_celio-villa-celimontana-obelisque-mat.jpg)
/image%2F1313864%2F20260723%2Fob_1b6a64_celio-san-stefano-rotondo-5.jpg)
/image%2F1313864%2F20260720%2Fob_234dbf_celio-ss-quattro-coronati-6-donation-d.jpg)
/image%2F1313864%2F20260831%2Fob_f837f6_sallustiano-santa-maria-della-vittoria.jpg)
/image%2F1313864%2F20260702%2Fob_ab3c4e_borgo-borgo-san-spirito-tour-d-abandon.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_c78250_borgo-chateau-saint-ange-3.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_c9a921_ponte-piazza-sant-angelo-mastro-titta.jpg)
/image%2F1313864%2F20260623%2Fob_c8fa85_trastevere-janicule-place-garibaldi-ca.jpg)
/image%2F1313864%2F20260617%2Fob_35dffe_ripa-boario-san-govanni-decollato-stef.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_fd8812_ripa-aventin-santa-sabina-lapis-diabol.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_19c843_sant-angelo-piazza-mattei-palazzo-matt.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_19e0d3_campitelli-capitole-santa-maria-in-ara.jpg)
/image%2F1313864%2F20260526%2Fob_fcf5f0_pigna-sant-ignazio-andrea-pozzo-2.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_e8863f_pigna-piazza-minerva-3.jpg)
/image%2F1313864%2F20260520%2Fob_1a3ba4_pigna-piazza-del-gesu-camere-san-igna.jpg)
/image%2F1313864%2F20240312%2Fob_dd783c_pigna-largo-di-torre-argentina-4-roman.jpg)