Trastevere - Lungara et Janicule (17/20). La promenade du Janicule.
Monument de Garibaldi - Théâtre de marionnettes - Tir au canon
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La porte San Pancrazio fit l’objet de vifs combats en juin 1849 entre la jeune République Romaine et les troupes envoyées par Napoléon le Petit, Président de la Deuxième République Française, au prétexte de contrebalancer l'influence autrichienne ! Son objectif était le retour du pape à Rome afin de pouvoir s’assurer du vote des catholiques ! La porte San Pancrazio, très endommagée au cours des combats, a été reconstruite en 1854[1]. Au n°3 de la Passegiata del Gianicolo, selon la tradition, un joli portail de style Renaissance serait la façade de la « Maison de Michel-Ange », détruite lors de la construction du Vittoriano. C’est peu probable la maison de Michel-Ange ayant été décrite, de son vivant, comme très modeste [2].
Sur la promenade du Janicule sont disposés quatre-vingt-quatre bustes des soldats et officiers garibaldiens illustres qui ont combattu pour la défense de Rome en 1849 [3]. Elle débouche sur une grande place circulaire, la piazza Garibaldi, surplombant Rome, avec au centre le monument équestre du héros (1807 / 1882). Un monument qui ne lui ressemble pas ! Le cheval est à l’arrêt et Garibaldi semble bien pensif, les bras ballants. Il n’a rien de la fougue et de l’obstination du républicain combatif que l’on imagine. Sur la place, vous remarquerez le « Teatrino dei Burattini Gianicolo » un petit théâtre de marionnettes, en plein air, lequel joue chaque fin de semaine.
« Voilà quarante-quatre années que Carlo Piantadosi joue et rejoue ses spectacles pour des vieux de sept ans et des gamins de soixante-dix printemps, qu’il agite au nez du monde ses ‘guarattelle’ napolitaines » [4].
En contre-bas de la place, un canon tire à blanc, chaque jour, à midi. Cette coutume date de décembre 1847 quand le pape Pie IX Ferretti (1846 / 1878) a souhaité que toutes les cloches des églises romaines sonnent midi au même moment, ce qui n’était pas le cas ! Précédemment, c’était le Campenard du palais du Montecitorio qui était chargé de donner le « la » aux clochers romains… Mais sa voix ne devait pas être assez forte pour se faire entendre. Aussi, c’est un canon installé au château Sant'Angelo qui fut chargé de mettre de l’ordre dans toutes ces cloches carillonnantes. En 1903, le canon fut envoyé sur le Monte Mario avant de rejoindre le Janicule, juste en dessous de la statue de Garibaldi, en 1904.
« Durant la Seconde Guerre mondiale, on cessa de l’utiliser, mais la tradition fut rétablie le 21 avril 1959, date symbolique de la fondation de Rome, pour le plus grand bonheur des habitants et des touristes qui viennent également observer cette tradition » [5].
A gauche, la très belle statue équestre d’Anita Garibaldi, réalisée par Mario Rutelli, est dynamique, bien à l’image de la personne à qui elle rend hommage. Ana Maria de Jesus Ribeiro, née au Brésil en 1821 [6], est issue d’une famille pauvre ; elle se marie à 14 ans avec un savetier qui l’abandonne. Elle rencontre Garibaldi alors en exil lors de la prise de la ville de Laguna par les révolutionnaires qui veulent y créer une République. A 19 ans, Anita combat avec Garibaldi dans les troupes républicaines du Rio Grande. Remarquable cavalière, c’est elle qui apprendra l’équitation au matelot Garibaldi. En 1849, ils s’engagent tous les deux dans la défense de la République Romaine. A sa chute, Anita coupe ses cheveux longs, s'habille en homme et part à cheval avec Guiseppe dans l'intention d’aller défendre à Venise la République de Saint-Marc. Anita meurt en cours de route, à Ravenne, de la fièvre typhoïde, en 1849. Ses restes, après bien des vicissitudes, seront finalement inhumés sous le monument équestre du Janicule le 2 juin 1890.
Modifié et complété 2026
[1] La Porta San Pancrazio accueille le Museo della Repubblica Romana e della memoria garibaldina. Ouvert, sauf lundi, de 10h à 14h et samedi dimanche de 10h à 18h. Entrée gratuite.
[2] Voir le site RomaSegreta. « Casa di Michelangelo ».
[3] Mais une seule femme, Colomba Antonietti (1826 / 1849), qui participa à la défense de la porte San Pancrazio. Un 85e a été ajouté en 2024, celui d’un lieutenant de Garibaldi, Andrés Aguiar, dit « Il Moro » pour ses origines.
[4] Marco Lodoli. « Iles – guide vagabond de Rome ». 2005.
Le couple Piantadosi est décédé. Manuel Pernazza et Alessia Luongo sont les nouveaux gérants du théâtre de marionnettes sur le Janicule. Samedi et le dimanche de 10h à 12h puis à partir de 17h et jusqu'à minuit.
[5] Karine Gauthey. « Un rituel romain à découvrir : le coup de canon du Janicule ». Lepetitjournal.com. 18/11/2021.
Depuis 1991, un obusier de la Seconde Guerre mondiale est utilisé.
[6] Graziella Gardini Pasini. « Anita Garibaldi ». Enciclopedia delle Donne.