Romaines ! (20/30). Anita Garibaldi (1821 / 1849).
Rione Trastevere / Passeggiata del Gianicolo
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La place de la fontaine de l’Acqua Paola offre un panorama magnifique sur Rome, surtout en fin d’après-midi quand les rayons inclinés du soleil illuminent la ville. Un peu plus haut sur la colline, on atteint une grande place circulaire qui surplombe la ville de Rome avec, en son centre, un monument équestre à la gloire de Guiseppe Garibaldi. Ce monument ne lui ressemble malheureusement pas ! Le cheval est à l’arrêt et Garibaldi semble bien pensif, les bras ballants. Il n’a rien de la fougue et de l’obstination du Révolutionnaire combatif que l’on imagine. Dans le jardin, tout autour, sont disposés 84 bustes de Républicains ayant combattu pour la défense de la République romaine en 1849 [1].
En contre-bas de la place, un canon tire à blanc, chaque jour, à midi pile, depuis 1904. La tradition remonte à Pie IX Ferretti (1846 / 1881) qui institua cette pratique à partir du Château Saint-Ange, en 1846, pour harmoniser les horloges de la ville afin que toutes les cloches des églises sonnent en même temps ! Sur la place, le « Teatrino dei Burratini Gianicolo » est un petit théâtre de marionnettes en plein air, qui joue chaque fin de semaine.
En direction du Borgo et du Vatican, la très belle statue équestre d’Anita Garibaldi, réalisée par Mario Rutelli, est dynamique, nerveuse, bien à l’image de la personne à qui elle rend hommage. C’est lors de son exil au Brésil que Garibaldi a rencontré la jeune femme, Ana Maria de Jesus Ribeiro. Condamné à mort par contumace par le Royaume Sarde pour sa participation à une conjuration révolutionnaire, Garibaldi s’était réfugié en Amérique latine et combattait, en tant que corsaire, les troupes du Brésil impérial.
Ana Maria de Jesus Ribeiro est née à Laguna (extrême sud du Brésil) le 30 août 1821 [2]. Issue d’une famille pauvre elle se marie à 14 ans avec un savetier, mais son époux l’aurait abandonnée trois ans plus tard. Elle rencontre le jeune Garibaldi lors de la prise de la ville de Laguna par les révolutionnaires qui veulent créer la République Juliana. A 19 ans, Anita combat avec Garibaldi dans les troupes républicaines du Rio Grande. Remarquable cavalière, Anita apprend l’équitation au matelot Garibaldi. Anita, enceinte de sept mois, est capturée en 1840 par les troupes impériales brésiliennes ; elle réussit à s’échapper à cheval pour retrouver Guiseppe. Elle accouche d’un fils en septembre 1840, mais douze jours après l’accouchement, menacée à nouveau d’être arrêtée, Anita s’enfuit toujours à cheval, portant son fils Menotti dans les bras, pour prévenir son compagnon Guiseppe de son arrestation imminente par les troupes brésiliennes.
En 1841, la situation militaire étant devenue intenable au Brésil, Guiseppe et Anita s’installent à Montevideo, en Uruguay, où ils resteront sept ans au cours desquels Guiseppe Garibaldi assure les finances familiales en donnant des cours de français et de mathématiques tout en participant à la défense du gouvernement de Montevideo. En 1842, Anita et Guiseppe se marient et, les années suivantes naissent Rosita (1843, morte à deux ans), Teresita (1845) et Ricciotti (1847). En décembre 1847, Anita avec Teresita et Ricciotti embarquent pour Gênes afin d’être hébergés par la mère de Garibaldi à Nice. A la nouvelle des révolutions européennes de 1848, Guiseppe la rejoint. Ils s’engagent tous les deux dans la défense de la République romaine de 1849.
Lorsque la République de Mazzini tombe en juillet, Garibaldi et ses chemises rouges s'enfuient de Rome, Anita coupe ses cheveux longs, s'habille en homme et part à cheval avec Guiseppe dans l'intention d’aller défendre à Venise la République de Saint-Marc. Anita meurt en cours de route, à Ravenne, de la fièvre typhoïde, en 1849. Ses restes, après bien des vicissitudes, sont finalement inhumés sous le monument équestre du Janicule.
En contrebas, le très étrange phare Manfredi (une colonne gréco-romano-classico-baroque !) a été offert à la ville de Rome par les italiens d’Argentine, en 1911, en mémoire du 50e anniversaire de la création du royaume d'Italie (1861)… Pour rappeler que Rome est une « ville phare » ? Pour que tous les Italiens se tournent vers sa lumière ?
[1] Sovrintendenza capitolina – Ai Beni Culturali. « Passegiata del Gianicolo ».
[2] Graziella Gardini Pasini. « Anita Garibaldi ». Enciclopedia delle Donne.