Romaines ! (21/30). Colomba Antonietti (1826 / 1849).
Rione Trastevere / Passeggiata del Gianicolo
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Dans les jardins de la colline du Janicule, de nombreux bustes représentent des patriotes italiens et étrangers qui ont combattu pour l'unification de l'Italie [1]. La proposition d’installer des bustes de patriotes a été faite en mai 1849, quand la toute nouvelle République romaine a ouvert un crédit pour la création de bustes en marbre à exposer dans les jardins du Pincio. En juillet 1849, à la fin de la République, après l’intervention française pour rétablir le pouvoir temporel de papes, cinquante-deux bustes avaient été réalisés mais sont restés dans les entrepôts du Capitole. En juin 1851, pape Pie IX Ferretti (1846 / 1878) ordonna que quelques bustes soient placés dans les jardins du Pincio, à l'exclusion de nombreux indésirables car athées. En 1860, des sculpteurs ont été chargés de remodeler des bustes indésirables pour en créer de nouveaux. En 1883, les nouvelles institutions italiennes, l'État et la Municipalité, rachetèrent la zone située en haut du Janicule pour le transformer en promenade et créer un jardin public où furent installés des bustes de défenseurs de la république romaine. Les bustes sont désormais au nombre de 84 mais ne comptent qu’une seule femme : celui de Colomba Antonietti.
Colomba Antonietti [2] est née à Bastia (près d’Assise, province de Pérouse), le 19 octobre 1926. Elle est la fille des boulangers Michael et Diana Trabalza qui déménagent à une vingtaine de kilomètres, à Foligno. A quinze ans, elle rencontre le jeune comte Luigi Porzi, alors Cadet dans les troupes pontificales qui étaient en garnison à côté du four communal. Les deux jeunes gens s’échangent une promesse de mariage malgré leur différence de classes. Ils finissent par se marier le 13 Décembre 1846 en l’absence de leurs parents et s’installent à Bologne, puis à Rome où est stationné le bataillon de Luigi Porzi. Il est arrêté pour s’être marié sans la permission des autorités militaires, et enfermé au Château Saint-Ange. En 1848/49, Porzi quitte l’armée pontificale pour se mettre au service de la République romaine. Colomba décide de le suivre, de se battre pour la défense de la République et, après avoir coupé ses cheveux et s’être habillée en homme, elle se fait engager dans les bersaglieri. Elle participe à la bataille de Velletri, au sud de Rome, contre les troupes du roi de Naples (mai 1849) où elle reçoit les louanges de Giuseppe Garibaldi.
Débarqué le 30 avril 1849, le corps expéditionnaire français, composé de 5 000 soldats persuadés de conquérir Rome sans coup faillir, se heurte à la résistance de Garibaldi et des volontaires républicains à la porta San Pancrazio sur le Janicule, et doit reculer. Aux soldats français battus le 30 avril s’ajoutent 24 000 hommes, 4 000 chevaux et 75 canons et le siège de la ville commence. De retour à Rome, Colomba Antonietti participe à l’aide aux blessés tout en continuant à se battre à la Porta San Pancrazio. Elle meurt d’un boulet de canon le 13 Juin en murmurant, selon la tradition, « Vive l'Italie ! ». Giuseppe Garibaldi a raconté lui-même la mort héroïque de Colomba Antonietti dans ses mémoires :
« Le boulet de canon allait battre contre le mur et, repoussé, avait brisé les reins d'un jeune soldat. Le jeune soldat placé sur la civière plia ses mains, leva les yeux et a fait son dernier souffle. Ils allaient l'amener à l'ambulance quand un officier lui-même s’était jeté sur le cadavre et l'avait couvert de baisers. Cet officier était Porzi. Le jeune soldat était Colomba Antonietti, sa femme, qui l'avait suivi à Velletri et s’était battue à ses côtés »
A force de canonnade, une brèche est effectuée dans la muraille à la Porta San Pancrazio et l'assaut est donné par les Français le 21 juin. Repoussé, un second assaut est lancé le 30 juin. Lors de la dernière bataille de la République romaine sur la colline du Janicule, les soldats se battent à l'arme blanche : 3 000 Italiens sont tués ou blessés et 2 000 Français.
Colomba Antonietti a été enterrée dans l’église de San Carlo ai Catinari. En 1941 ses restes ont été déplacés dans l’ossuaire du Janicule qui accueille toutes les victimes tombées lors des batailles pour la défense de Rome et le l'Unification de l'Italie, en 1849, 1867 et 1870.
[1] Wikipedia. « Busti dei patrioti sul Gianicolo ». Site internet.
Sovrintendenza Capitolina. « Passeggiata del Gianicolo ».
[2] Assemblea Legislativa della Regione Emilia-Romagna. « Colomba Antonietti Porzi »