Madama Lucrezia – le palais de Venise - Le palais Bonaparte - Le Corso – Le Palais Doria-Pamphili - La colonne de Marc Aurèle - La galerie Alberto Sordi - La place Montecitorio et le théâtre Capranica – Le Palais et le café Ruspoli - San Carlo al Corso - Le mausolée d’Auguste - La maison de Goethe – Le Trident - La Place du Peuple

 

Rome Corso

« La rue du Corso, envers laquelle l’odeur de choux pourris, et les haillons aperçus dans les appartements par les fenêtres, m’a rendu injuste pendant deux ans, est peut-être la plus belle de l’univers (…).Les palais qui bordent cette rue ont beaucoup de style. Ce style est sublime et fort supérieur à celui de la rue Balbi de Gênes. Regent street, à Londres, étonne, mais ne fait aucun plaisir et n’a pas de style ».[1]

La promenade du Capitole à la Piazza del Popolo est parfaitement rectiligne… ce qui nempêche pas de rechercher, à gauche ou à droite, quelques sites particuliers ! Elle permet de croiser, dans le plus grand désordre des personnages aussi différents que Mmes Lucrecia et Laetitia, Mussolini, Géricault, Le Caravage, Alberto Sordi, Goldoni, Napoléon le Petit, bien évidemment Stendhal, l’empereur Auguste, Goethe, des tas de papes… et bien d’autres ! Point de départ : le Capitole en tournant bien sûr le dos au Vittoriano, cette verrue blanchâtre aussi laide et prétentieuse que notre Sacré-Chœur à Paris.

La première étape est la plus difficile du parcours : aller du Vittoriano à l’entrée du Corso en traversant la Piazza Venezia. Cela relève quasiment de l’exploit, ou de l’inconscience ! Il parait que cette place connaîtrait un des trafics routiers les plus importants du monde ! Et cela ne date certainement pas d’aujourd’hui puisque, dans l'Antiquité, la Via Lata partait de cette même place vers le Nord, en empruntant le même emplacement que le Corso actuel, pour se poursuivre ensuite par la Via Flaminia (la route de Ravenne).

« Nous, Romains, nous n’avons jamais douté du point précis où Dieu a planté l’extrémité de son compas pour créer le monde (…). Hé bien, ce point, c’était la petite plate-forme ronde de ciment sur laquelle montait l’agent de police, le pizzardone, pour régler la circulation sur piazza Venezia »[2].

Le pizzardone a aujourd’hui disparu et il n’y a plus d’agent de police. Il est fini le temps où l’Etat réglait la circulation, nous sommes désormais dans une société libérale dans laquelle chacun se débrouille comme il le peut pour traverser la piazza Venezia comme dans la vie.

Si cette promenade est si droite, c’est donc tout simplement que l’on emprunte une ancienne voie romaine !

 

[1] Stendhal. « Promenades dans Rome ». 1829.