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Rome Centre 2

 1 - Départ de la gare de Termini.

« Classique et baroque, calmement extravagante, Rome unit la tendresse à la rigueur ; nulle afféterie, nulle langueur, mais jamais de sécheresse ni de dureté »[1].

Si Paris est d’une grande homogénéité urbanistique avec la refonte quasi générale de la ville dans la seconde moitié du XIXe siècle, curieusement le centre de Rome ne l’est pas moins malgré la superposition constante de strates architecturales, superposition qui s’effectuera dans une trame urbaine qui intégrera les éléments des siècles précédents. A la Rome antique, se superpose une Rome médiévale, puis Renaissance, baroque et finalement XIXe, les différents monuments se côtoient, se répondent, se complètent. Le fascisme viendra perturber certains éléments de la trame avec l’ouverture de quelques grandes avenues à des fins monumentales, la Via della Conciliazone qui va du pont Saint-Ange à la basilique Saint-Pierre, la via del teatro di Marcello ou la Via dei Fori imperiali qui relie le Colisée au monument de Victor-Emmanuel II, surnommé le « Vittoriano » en déclinaison familière, ou « la machine à écrire » en déclinaison plus ironique.

C’est à la « strate » baroque de Rome qu'est consacrée cette promenade pour comparer les déclinaisons romaines, allemandes, tchèques, espagnoles ou portugaises de l'art baroque et essayer de comprendre ce qui relève de « spécificités locales ». Elle part de la gare de Termini pour deux raisons : la première est liée au fait qu’il y a de nombreux hôtels aux alentours, la seconde parce que l’architecture de cette gare peut être considérée comme la négation même du baroque romain ! En comparaison, le Colisée apparaît même d’un rococo échevelé avec sa forme ovale, sa série d’arcades superposées, soulignées par des colonnes en demi-relief ! Avec la gare de Termini, nous pourrions définir un étalon de mesure commode du baroque par l’identification indiscutable de son niveau zéro. Dans une échelle de mesure à dix niveaux de la nature baroque d’un monument romain, le niveau zéro serait donc la gare de Termini et le 10ème degré serait, par exemple, l’église San Carlo alle Quattro fontane… Avec cette échelle de mesure, nous pourrions ainsi positionner tel monument comme étant situé sur le degré 3, 4, etc. de l’échelle de Termini !


[1] Simone de Beauvoir. « La force de l’âge ». 1963.