Parione - Entre Campo dei Fiori et place Navona (7/26). Le palais de la Chancellerie, les Affaires étrangères du Vatican.
Siège du Parlement romain, puis de la Chancellerie vaticane et du tribunal de la Sacra Rota
Le palais, à peine achevé, fut confisqué par le pape Léon X Médicis (1513 / 1521) en représailles contre les Sixte. En 1517, il est devenu le siège de la chancellerie apostolique puis Cour de Justice, Cour Impériale sous Napoléon Ier et siège du parlement romain en 1848. Sur les premières marches de l’escalier du bâtiment, le 15 novembre 1848, Pellegrino Rossi, nouveau chef du gouvernement pontifical de Pie IX Feretti (1846 / 1878), fut assassiné d’un coup de poignard[1]. Suite aux mouvements sociaux et révolutionnaires de 1848 à Rome, Pellegrino Rossi, juriste, économiste et libéral modéré, avait accepté de former un nouveau gouvernement de l’État pontifical, le 15 septembre, avec un programme qui comportait l'abolition des privilèges, la suppression des exemptions fiscales pour le clergé, la séparation des pouvoirs ecclésiastique et civil. Mais il était jugé trop révolutionnaire par la Curie, trop égalitariste par la noblesse romaine, et insuffisamment démocratique par les patriotes et Républicains ! Cela faisait beaucoup de mécontents. L’assassinat de Rossi, mal élucidé, aurait été programmé par des Républicains radicaux. Sa mort entraîna la fuite du pape, la proclamation d’une République romaine et, en 1849, l’intervention de la Seconde République française, présidée par le prince Louis-Napoléon Bonaparte, contre la République romaine pour rétablir la puissance temporelle de la papauté. Il fallait le faire ! Napoléon-le-Petit démontrait qu’il savait retourner sa veste avec rapidité car, dans sa jeunesse, il avait été impliqué dans les conspirations des Carbonari et fait le coup de feu contre les troupes pontificales en 1831.
Territoire de l’État du Vatican, le Palais de la Chancellerie bénéficie, à ce titre, de l’extraterritorialité ainsi que quelques autres lieux romains (palais pour la Propagation de la foi, siège du Dicastère pour l’évangélisation des peuples, ex Congrégation pour la doctrine de la foi). C’est aussi un territoire francophone car, si la langue officielle de l’État du Vatican est le latin, la langue véhiculaire l’italien, la langue militaire l’allemand, la langue diplomatique est le français et, à ce titre, le Saint-Siège est un État membre de la Francophonie ! Mais il ne faut guère compter sur les possibilités reproductrices de ses habitants pour contrebalancer l’influence grandissante de l’anglais. Le palais abrite le Registre apostolique et le Tribunal suprême de la Signature apostolique. Le premier est un recueil des éléments du droit canonique s’intéressant, entre autres, à l’absolution des péchés ; le second est la cour d’appel de l’État du Vatican traitant des litiges dans le fonctionnement de l’appareil de l’église catholique en particulier dans les procès en nullité de mariages [2].
Sur le Corso Vittorio Emanuele II, le Museo di Scultura Antica Giovanni Barracco[3] est situé dans un palais de 1523, érigé par Antonio da Sangallo le Jeune pour le prélat breton Thomas le Roy, sur les vestiges d’un bâtiment public antique[4]. Il regroupe une importante collection d’arts antiques, égyptien, assyrien, étrusque, grec, romain, constituée aux alentours de 1900 par le baron calabrais Giovanni Barracco. Le palais était surnommé Petite Farnesina car les lys de France sculptés sur les murs avaient été remplacés par les lys des Farnese. En 1890, une partie du palais a été détruite pour réaliser le Corso Vittorio Emanuele et la façade du bâtiment a été refaite
[1] Francisco Cabrillo Rodríguez. « Pellegrino Rossi, professeur d’économie assassiné ». Contrepoint. 03/12/2011.
[2] Site du Vatican. « Le Tribunal Suprême de la Signature Apostolique - Profil, structure, documents ».
Denis Baudot. « La Lex propria du Tribunal suprême de la Signature apostolique ». In « L'Année canonique », vol. lV, n°1, 2013.