Ponte - Dans la courbe du Tibre (2/22). La via Giulia.
Nouvelle voie de la Rome renaissance – Musée de la criminologie
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La via Giulia est située dans deux arrondissements (rioni) de Rome, pour 1/3 dans le celui de Ponte, (côté nord) et pour 2/3 dans celui de Regola (côté sud). Elle fut réalisée en 1508 par l’architecte Donato Bramante à la demande du pape Jules II della Rovere (1503 / 1513). Il n’était pas alors très facile de traverser Rome qui avait conservé sa structure médiévale. Pour se rendre à la basilique Saint-Pierre, il fallait utiliser les rues Monserrato et Banchi Vecchi, ou la via del Governo Vecchio, ou enfin la via dei Coronari, toutes voies étroites et sinueuses qui convergeaient vers le ponte Sant'Angelo. Il n’existait pas de rues sur les berges du fleuve lesquelles servaient aux activités fluviales (débarcadères, réparation et entretien des bateaux, pêche). Les voies sur les berges du Tibre (Lungotevere) ne seront créés qu’à la fin du XIXe sur des digues érigées pour éviter les inondations. L’objectif du percement de la via Giulia était donc de relier directement le sud de Rome et le Trastevere par le ponte Sisto, reconstruit en 1475, au quartier du Borgo et du Vatican avec le ponte Sant'Angelo afin de rejoindre aisément la basilique Saint-Pierre.
La via Giulia, de 1 000 m de long et de 8 m de large, est une des plus larges rues de la Rome Renaissance. Utilisée par les nombreux pèlerins de toute la Chrétienté, les banquiers s’étaient judicieusement installés dans le Canale di Ponte (via del Banco di Santo Spirito) dans le prolongement du ponte Sant'Angelo. Le pape Jules II souhaitait également concentrer les différents services administratifs de la ville en un seul lieu, à proximité du de la Chancellerie alors en cours d’achèvement (Campo dei Fiori) et du Palazzo dei Tribunali en construction via Giulia. Innocent X Pamphilj (1644 / 1655) poursuivit cette politique en y implantant les « Carceri Nuove », après lesquelles commence la partie Ponte de la via Giulia.
Au carrefour des via Giulia et del Gonfalone, une structure composée de massifs blocs de travertin, en bossage, surmontée d’un bâtiment ordinaire, est surnommée les « sofas de la via Giulia » (photo). Ce sont les fondations du palais du tribunal de la Curie, commandé par Jules II à Bramante en 1508 et qui devait devenir le bâtiment le plus impressionnant de la rue, mais qui n'a jamais été terminé. Du plan quadrangulaire avec quatre tours d’angle et une cour centrale à arcades, il reste ces énormes blocs lesquels supportent désormais un restaurant de qualité.
A l’autre angle de rues, au n°29 de la via del Gonfalone, est situé le musée historique de la criminologie[1]. Un premier musée avait été fondé, en 1931, au sein du bâtiment des Carceri Nuove (Prisons neuves) alors transformé en centre d’études pénitentiaires pour devenir un « Muséum du Crime ». Occupant le rez-de-chaussée du bâtiment, il était divisé en thèmes : les types de crimes, les activités de l'État contre les criminels (avec la représentation des techniques d'enquête), l’exécution des peines et les mesures de sécurité (dissimulation d’armes, évasion), et une section historique (textes de lois, affiches, instruments de torture, ou d’exécution). En 1968, les Carceri Nuove reçoivent un nouveau service, la Direzione nazionale antimafia e antiterrorismo, et les objets du musée sont déposés dans les entrepôts de la prison Regina Coeli. En 1975, le musée se voit attribuer le palazzo del Gonfalone construit en 1827 par décision du pape Léon XII della Ganga (1823 / 1829), sur un projet de Giuseppe Valadier, pour être une prison correctionnelle pour mineurs. Après trois ans de travaux (et le constat de la perte d’une partie des objets du musée !), le musée rouvre sous la nouvelle appellation et pour un public de professionnels. Entre 1991 et 1994, un nouvel aménagement est effectué pour assurer une ouverture à tous les publics. Le rez-de-chaussée présente, généralement sous forme de maquettes, toutes les sortes de tortures et d’exécutions telles qu’elles se pratiquaient en Europe, du Moyen-Âge au XIXe siècle. Il présenté la tunique, la hache et l’épée de justice de Mastro Tita, soit Giovanni Battista Bugatti (1779 / 1869), « maestro di giustizia » (maître de justice), autrement dit le bourreau des États pontificaux de 1796 à 1865. Près de 70 ans de bons et loyaux services ! Le premier étage est consacré au XIXe siècle (développement du système pénitentiaire italien, naissance de l’anthropologie criminelle et théories de Cesare Lombros), le second étage présente les grandes affaires criminelles du XXe siècle.
[1] Le musée serait ouvert les mardi (09:00 – 13:00, 14:30 - 18:30), mercredi (09:00 - 13:00), jeudi (09:00 – 13:00, 14:30 - 18:30), vendredi (09:00 - 13:00) et samedi (09:30 - 13:00).