La villa Farnesina - La via della Lungara - La Porta Settimania

 

Rome Trastevere Farnesina

La via della Lungara longe un grand jardin, celui de la villa Farnesina, construite de 1508 à 1511, par Baldassare Peruzzi pour le riche banquier siennois Agostino Chigi. (Attention, La Farnesina n’est ouverte que les matins !).

Côté cour, c’est une construction simple, presque austère. Deux étages décorés de pilastres d’ordre toscan en très léger relief. Seule la corniche est décorée d’angelots et de grappes de fleurs et de fruits. Mais, semble-t-il, autrefois, la façade était entièrement peinte et agrémentée de motifs floraux. Côté jardin, le bâtiment, en forme de U, abrite une loggia ouverte sur le jardin, la galerie de Psyché, dont le plafond a été peint par Raphaël en 1518 / 1519. La voûte est couverte de tapisseries en trompe l’œil représentant le triomphe de Psyché dans l’Olympe, l’assemblée des Dieux et le mariage de Psyché et d’Amour. Le tout orné de décors floraux qui prolongent au sein de la loggia les espèces florales du jardin.

Il se raconte que si c'est Raphaël qui a dessiné la fresque, ce sont ses élèves qui l'ont peinte, Raffaellino del Colle, Giovan Francesco Penni, Giulio Romano et Giovanni da Udine, ce qui n’était pas rien quand même ! En effet, le maître serait tombé amoureux d’une jeune fille du voisinage, Margherita Luti, la belle « Fornarina » (« la boulangère »), avec laquelle il préférait aller se promener au long du Tibre, ce qui ne faisait pas avancer le travail ! Le pape Léon X Médicis (1513 / 1521) aurait alors suggéré de faire enlever la jeune fille pour permettre à l’artiste de se consacrer à son œuvre. Mais le résultat fut pire encore, Raphaël déprima et ne pouvait plus peindre ! Il fallut se résoudre à lui rendre sa Margherita !

« Vis à vis du palais (Farnèse) s’appuie au ponte Sisto la Farnésina où Raphael fait oublier Carrache ; elle élève son casin délicieux au milieu de ses bosquets qui viennent fleurir sur le Tibre. Là, le bien aimé de la Fornarina venait se délasser du sublime Mystère de la Transfiguration par celui des Amours et des Noces de Psyché, chefs d’œuvre également immortels dont l’un lui montrait le Paradis et l’autre l Elysée »[1].

Au premier étage, la salle des perspectives, peinte en 1510 par Peruzzy, présente des vues extérieures comme si la salle était une loggia ouverte sur des paysages romains parmi lesquelles une vue du Trastevere.

La Farnesina aura, à l’image de Rome, une vie mouvementée. A la mort du banquier Chigi, elle est abandonnée, son mobilier, ses tapisseries et tableaux dispersés. Lors du sac de Rome, en 1527, elle sera occupée par la soldatesque impériale. Rachetée par les Farnèse, d’où son nom, elle passe ensuite dans les mains de toute une série de propriétaires qui l’entretiendront plus ou moins bien. Elle sera finalement acquise par l’Etat italien pour y installer l’académie d’Italie.

La via della Lungara se resserre entre des maisons et se termine sur une porte, la Porta Settimania, une appellation qui fut chère à un autre président de conseil régional, celui du Languedoc-Roussillon, au point que la région faillit être affublée du même nom ! Connaissant sa grande culture hellénistique et latine, personne ne doutait qu’il avait voulu renommer la région en souvenir de cette voie romaine qui devait desservir la narbonnaise. Compte-tenu de la grandissime importance actuelle de cette province française et de sa capitale régionale, Montpellier, on est toutefois un peu déçu de la modestie de cette porte dans les remparts. Nulle fioriture, ni ouvertures multiples, ni colonnes décoratives, ni frontons, ni armoiries… juste un arc en plein cintre surmonté de mâchicoulis et de créneaux !

De fait, la via di Porta Settimania et sa porte, doivent leur existence à Jules II della Rovere (1503 / 1513) qui les firent exécuter pour relier le Vatican et le Trastevere, de manière à ce que les pèlerins puissent rejoindre aisément la basilique Saint-Pierre, en longeant le Tibre, du Ponte Sisto à la Porte San Spirito, un bastion au Sud-est du Vatican. Pas de voie royale vers la Narbonnaise donc ! Et pas de monumentalité pour la Septimanie… qui n’en demande d’ailleurs pas tant !


[1] Norvins, Charles Nodier, Alexandre Dumas. « Italie pittoresque, tableau historique et descriptif de l'Italie, du Piémont, de la Sardaigne, de la Sicile, de Malte et de la Corse ». 1836.

Liste des promenades dans Rome. et liste des articles sur le Janicule

Télécharger le document intégral.