Yémen - Aden Arabie (20/33). Dans les montagnes vertes de la bande côtière, Taez.
Une riche région agricole - Mais aussi des activités industrielles
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Le gouvernorat de Taez, 150 kilomètres au Nord d’Aden, connaît une activité économique importante. Il est situé au centre d’une riche région agricole avec production de céréales, de fruits, de légumes mais aussi avec l'élevage et la pêche sur la côte.
« Nous avons continué de là à la ville de Ta'izz, capitale du roi du Yémen, et à une des villes les plus fines et des plus grandes dans ce pays. Ses habitants sont dominateurs, insolents, et grossiers, comme c’est généralement le cas dans les villes où les rois résident » [1].
L'activité industrielle est également développée et de nombreuses entreprises sont situées dans la ville même de Taez, notamment l'usine de ciment d'Al Barh et certaines industries alimentaires. Enfin, le gouvernorat recèle des minerais dont les principaux sont le cuivre, le nickel, le cobalt, ainsi que des éléments de platine.
La route monte d’Aden pour atteindre 1 400 mètres d’altitude à Taez. Nous y arrivons dans la soirée au milieu d’embouteillages et d’une cohue qui envahit les trottoirs.
La première urgence est de trouver un hôtel… Le premier visité n’est pas très engageant : chambres non faites, propreté limite, sans compter le bruit engendré par un vaste carrefour. Le second, sans être extraordinaire, est néanmoins acceptable, les chambres sont petites, le mobilier brinquebalant, les prises et fils électriques pas très catholiques – normal ! - les lumières chiches. Nous avons toutefois l’avantage d’être en hauteur et d’avoir des chambres qui ne donnent pas sur l’avenue mais sur l’arrière, donc plus calmes en principe, si l’on excepte les radios des voisins et les haut-parleurs des mosquées.
Une magnifique et imposante citadelle, au pied du mont Sabr, est érigée au sommet d’un piton rocheux et domine le centre-ville. Elle est appelée « Al Qahira » de l’ancien nom de la ville, parfois encore « forteresse rouge » ou « Dar Al adab » (maison des lettres). Elle contrôlait autrefois la voie des caravanes commerciales passant de Al Jund à Assawaa en direction de la Mer Rouge.
« Elle est grande et fermée de belles murailles, qu’on dit être un ouvrage des Turcs, avec un bon château sur une montagne qui commande la ville (…). On a pratiqué plusieurs jardins sur le penchant de cette montagne, qui font un fort bel effet à la vue et qui donnent à la ville de grandes commodités » [2].
Un programme important de restauration de la citadelle est en cours.
Sa muraille de 355 mètres de pourtour a été récemment rénovée en mettant en valeur son chemin de ronde, ses citernes, ses portes d’accès en chicane. A l’intérieur : les ruines d’un palais détruit sont en attente de restauration. Une promenade sur les remparts permet d’avoir une vue panoramique et plongeante sur toute l’agglomération de Taez. C’est manifestement un lieu de promenade pour les habitants assez riches pour posséder une automobile et s’intéresser aux vieilles pierres. La nuit, des projecteurs l’illuminent.
[1] Ibn Battûta. « Rihla » (voyage). Vers 1300.
[2] Jean de La Roque. « Voyage de l’Arabie Heureuse par l’Océan Oriental et le Détroit de la Mer Rouge, Fait par les François pour la première fois, dans les années 1708, 1709 & 1710. Avec la relation particulière d’un Voyage Fait du Oort de Moka à la Cour du Roy d’Yémen, dans la seconde Expédition des années 1711, 1712 & 1713 ». 1716.