Cuba, oriente (26/34). Retour à La Havane.
Cérémonie du drapeau - Slogans anti-américains - Espoirs déçus
Au matin, nous sommes réveillés par des chants. C’est que notre fenêtre d’hôtel donne en plein sur la cour de récréation d’une école et que c’est le moment de l’accueil et de la levée du drapeau.
La cérémonie semble assez « bon enfant », les rangs pas trop réguliers, les déplacements divers nombreux, le tout sous l’œil attendris des papas et mamans.
Depuis la disparition de George Walker Bush et de son acolyte en coups tordus Dick Cheney, les caricatures anti américaines ont disparu de La Havane et de Cuba. Tout juste peut-on retrouver une affiche oubliée sur la porte d’un magasin.
Les slogans anti-américains qui étaient affichés autour de la représentation commerciale américaine ont disparu. Manifestement, le régime cubain attendait beaucoup de la nouvelle administration américaine. Dès janvier 2009, Raùl Castro avait estimé que Barack Obama, qui devait prendre ses fonctions le 20 janvier, pourrait « faire beaucoup, beaucoup de pas positifs » dans le cadre des relations américano-cubaines. Mais, prudent, il avait ajouté qu'il n’y croyait quand même pas trop en soulignant : « J'espère me tromper dans mon appréciation ».
De fait, peu de choses ont changé. L'embargo américain sur Cuba demeure, lequel a été dénoncé pour la 18ème fois en 2009 par l’Assemblée générale des Nations Unies, par 187 voix contre 3, sous le terme de « blocus » dans le communiqué version française et d'« embargo » dans la version anglaise. Seuls petits pas des Etats-Unis, en mars 2009, le Congrès a autorisé les citoyens américains d'origine cubaine à se rendre à Cuba une fois par an et, en avril de la même année, Barack Obama annonçait la fin des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers l'île.
Raùl Castro a beau jeu de fustiger « l'actuelle administration des Etats-Unis (qui) n'a pas cessé le moins du monde de soutenir la subversion », après que Barack Obama ait dénoncé la « répression » à Cuba après le décès d’un prisonnier politique en grève de la faim.
Pour Fidel, dans un billet publié dans la presse en mars 2009 : « La politique militariste, le pillage des ressources naturelles, les échanges inégaux de l'actuelle administration avec les pays pauvres du Tiers monde ne différencient en rien Obama de ses prédécesseurs ». Et, si la politique américaine est moins « agressive », on attend néanmoins toujours les changements qu’elle « aurait » pu faire. Mais c’est oublier que la politique américaine se fait moins en fonction d’orientations politiques que d’influences sur les dirigeants des groupes de pression et des sondages d’opinion.