Cuba, oriente (29/34). Vanille et chocolat au Coppelia.
Une soucoupe futuriste - Délicieux, mais sans possibilité de choix !
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Si, lors du voyage précédent, j’avais raté la cérémonie de la glace au Coppelia, il n’était pas question de la manquer une seconde fois. D’autant que l’enseigne du glacier est déjà tout un programme en soi.
Hum, on en mangerait !
Le glacier le plus réputé de toute l’île est situé dans le quartier du Vedado, au carrefour le plus emprunté de la Rampa (calle 23) à son croisement avec la calle L. Là est située, dans un parc avec de grands arbres qui la dissimulent aujourd’hui, la curieuse soucoupe aux longues pattes de crabe qui abrite le glacier. C’est l’œuvre d’un des plus célèbres architectes cubains, Mario Gérone, décédé en 2008, à l’âge de 84 ans, et enterré au cimetière de Colon. Il était aussi le dessinateur du terminal 3 de l’aéroport José Martì de La Havane, le terminal international.
Le dôme central, de 40 m de portée, est surmonté d'une verrière de vitraux. Les piliers qui supportent la coupole et les salons semi circulaires intérieurs, disposés en trèfle à quatre feuilles, sont renforcés par de longs contreforts quasi horizontaux. L’ensemble a été construit en 6 mois, en travaillant 24h00 sur 24, pour que le glacier puisse être inauguré au jour fixé, le 4 juin 1966. Il a une capacité de 1000 consommateurs simultanés. La construction du Coppelia s’est inscrite dans l’ambitieux programme de construction qui avait été lancé, après la révolution de 1959, par le nouveau gouvernement cubain marqué par son volontarisme politique et la mise en œuvre de réformes sociales profondes : construction d’écoles, d’instituts, de gymnases et de bâtiments administratifs et sociaux.
Les différentes allées qui conduisent à la soucoupe sont sous le contrôle de vigiles qui détournent les touristes vers l’annexe qui leur est réservée. Certes l’endroit est calme, ombragé, le service rapide, mais excentré et desservi par un bâtiment préfabriqué des plus quelconques. Non, non, c’est au Coppelia que je veux aller manger une glace, comme les Cubains ! Je ne suis pas sûr que le vigile soit très sensible à l’argument, du moins nous laisse-t-il passer quand je lui affirme que nous possédions des pesos cubanos.
C’est, qu’évidemment, l’existence des deux sections pour touristes et pour Cubains, n’a pas pour objet d’éviter les contacts avec la population, mais seulement de vous soutirer des devises ! La glace pour touristes est à 2,5 CUC (2 € environ), celle pour les Cubains, la même, à 2,5 pesos, soit 24 fois moins (moins de 10 centimes d’euros) ! Chance, exceptionnellement, il n’y a pas de queue pour pénétrer dans le glacier. Il faut dire que s’y pressent en moyenne 30°000 clients par jour. On peut donc s’installer sous la soucoupe, en son centre, ou dans les salons intérieurs du premier étage, ou dans le jardin.
Vu le temps, ensoleillé et doux, c’est cette dernière solution que nous choisissons. Les consommateurs sont introduits progressivement dans chacune des trois terrasses qui entourent la soucoupe afin de remplir successivement les rangs de tables. Pas question de choisir sa place, encore moins ses voisins, c’est une organisation planifiée, efficace, efficiente, toute socialiste !
Une fois les rangées remplies, les serveurs s’activent pour prendre les commandes, rangées par rangées, bien entendu. Nous commandons, sans comprendre ce qui nous est proposé tant la serveuse parle rapidement et semble pressée et nous attendons le résultat avec inquiétude. En effet, les consommateurs précédents se voient quasi systématiquement attribuer, à chacun, soit une coupe de trois boules, soit une coupe de deux boules accompagnée d’une génoise. Finalement, nous n’aurons droit, à notre grand soulagement, qu’à la coupe de 3 boules, parfums non choisis : vanille et chocolat !