Sri Lanka, l'ïle dont on rêve (19/37). Entre art et kitch « bouddhiste » !
Porte Gueule-de-dragon et bouddha géant en béton
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Dans les grottes de Dambulla est également représenté un gigantesque Bouddha couché sur le côté droit, la tête reposant sur sa main droite, le bras gauche allongé sur son flanc, les deux pieds joints traduisant l’image du nirvana. Cette représentation du Bouddha symbolise le moment précédent la « Grande totale extinction ».
Au jour de son quatre-vingtième anniversaire, le bouddha parcourut tout un cycle de méditations l’amenant, par paliers successifs, à la cessation de la conscience et du sentiment et il s’éteignit. Le Bouddha avait atteint le nirvana : l’extinction, le calme, la paix, qui ne sont pas un anéantissement, mais une non-naissance, un non-devenir, c’est un état éternel, sans localisation, au-delà de la logique du raisonnement.
A l’étonnement des chrétiens dont la religion est très « exclusive » (il n’y a qu’un Dieu et qu’une seule religion), on croise aussi dans les grottes deux statues de Vishnu qui, dans la religion hindouiste, représente la tendance centripète qui tient assemblée les éléments de l’univers, cause de la concentration, de la lumière, de la vie, de la continuation.
Si André Petit s’étonne des couleurs criardes avec lesquelles on a peint les vénérables statues anciennes, encore n’avait-il pas pu voir le pire. En effet, depuis les années cinquante, les moines ont fait bien mieux car entre temps ils ont fait fortune !
Opposé à la construction d’un hôtel de luxe pour touristes et pèlerins fortunés dans les environs de Dambulla, le supérieur du monastère s’était alors immolé par le feu. Depuis, l’hôtel s’est quand même construit, simplement le propriétaire a contourné l’opposition des moines en versant au monastère une rente conséquente et régulière. Celle-ci permet aux moines de rouler en 4x4 Pajero mais surtout de se construire un nouveau monastère moderne.
Avec une façade de trois étages, comprenant de larges baies vitrées, le nouveau monastère est encadré par deux petits pagodons à la toiture pointue de couleur bleue et il comprend, au centre, un magnifique escalier situé dans la gueule ouverte d’un dragon pour atteindre la porte d’entrée ! C’est d’un pur style « kitch-bouddhiste ».
Mais cela ne suffit pas ! Les moines ont encore rajouté un « magnifique » bouddha géant.
Manifestement, il n’existe pas de « commission des sites, perspectives et paysages » au Sri Lanka, qui serait chargé de veiller sur l’évolution des sites historiques et pittoresques, de prendre l’initiative de leurs inscriptions et de leur classement pour les protéger des constructions parasites ! Sur l’immeuble du monastère, les moines se sont fait construire un gigantesque Bouddha, de 30 mètres de haut, en position « dharmachakra », la position de l'enseignement : position assise, les deux mains sont devant le corps au niveau de la taille, la paume droite tournée vers l'extérieur, la gauche vers l'intérieur, pouce et index joints formant deux cercles tangents, la main droite à la verticale, la gauche à l'horizontale. Le tout entièrement recouvert de feuilles d’or !
Plus kitch, tu meurs.