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Notes d'Itinérances
24 juillet 2014

Sri Lanka, l'ïle dont on rêve (11/37). Polonnaruwa, questions d’architecture.

Temples et palais - Problème de la voûte

 

 

Suite à l’invasion indienne et la destruction de la capitale Anuradhapura en 933, les Cinghalais construisirent une nouvelle capitale, plus au centre de l’île, à Polonnaruwa.

 

La ville atteint son apogée au XIIe siècle sous le règne du Roi Parakramabahu (1153 / 1186), mais elle sera abandonnée au profit de Kandy où fut transportée la relique de la Dent sacrée de Bouddha, également symbole de la légitimité de la monarchie cingalaise. La forêt envahira alors petit à petit la ville qui ne sera redécouverte qu’à la fin du XIXe siècle, par des Anglais bien sûr.

 

Comme Angkor, la ville était également un complexe hydraulique, la première préoccupation du Roi créant une nouvelle capitale étant de construire un barrage de retenue afin de former un lac artificiel susceptible d’alimenter en eau les rizières chargées de nourrir la population de la ville.

 

Par contre, contrairement à Angkor où seuls subsistent les temples car les palais et les maisons étaient construits en bois, à Polonnaruwa les palais, comme les temples, étaient édifiés en pierre et en brique, avec une charpente de bois. La résidence du Roi Parakramabahu comportait pas moins de sept étages et, dit-on, mille pièces. A dire vrai chacune devait être de surface très restreinte si l’on en juge par les salles du rez-de-chaussée dont seuls subsistent les murs.

 

On peut encore admirer de nombreux temples dont les soubassements et colonnes de pierre monolithe sont souvent en place, mais la couverture, constituée d’une charpente de bois, a bien sûr disparu, comme pour ce curieux temple rond du Vatadage composé de trois cercles de colonnes monolithes soutenant un toit qui devait être très pentu.

 

Dans l’enceinte de la ville se trouvaient également quelques temples hindouistes qui, selon certaines sources, auraient été construits pour les épouses indiennes ou tamoules des rois cinghalais, pour d’autres par l’essor du Shivaïsme sous l’empire des Côla issus de l’Inde du sud (Xe siècle).

 

Ces temples sont d’une toute autre architecture. Composés d’un appareillage de pierres, ou de pierres mêlées à des briques, la couverture est faite non d’une charpente de bois mais d’une voûte en encorbellement comme dans les temples indiens ou khmers. Cette solution architecturale implique la réalisation de murs épais afin de supporter le poids de la voûte de pierre et éviter les déformations des murailles suite aux forces qui s’y appliquent latéralement et qui ont tendance à écarter les façades. Toutefois, dans le sanctuaire de Thuparama du XIIe siècle, bâtit sur ces principes, il semble que sur les petites ouvertures, faites dans l’épaisseur du mur, les briques de couverture soient posées en claveaux et non en encorbellement. Est-ce dans toute l’épaisseur de la muraille ?

 

Cette question, superficielle en apparence, est pourtant une question fondamentale en architecture car seule la voûte à claveaux permet de réaliser de vastes espaces intérieurs comprenant peu de piliers. Certes les Egyptiens construisirent de vastes temples, couverts en linteaux, mais au prix de salles comprenant une véritable forêt de piliers massifs soutenant des architraves monolithes gigantesques. Les Indiens ne connurent la voûte à claveaux qu’à la suite des invasions musulmanes (Xe et XIe siècles) mais le temple hindou n’est pas un lieu de culte public, c’est un sanctuaire qui abrite l’image du dieu, il n’a donc pas besoin d’être vaste pour accueillir les fidèles.

 

L’ensemble le plus extraordinaire du site de Polonnaruwa est celui des sculptures rupestres comprenant un gigantesque Bouddha couché de 15 mètres de long, un Bouddha debout et un troisième en méditation. Les formes sont très simples, très dépouillées. Le vêtement est fin, comme transparent, les plis de la tunique sont à peine esquissés, mais présentant toujours une dissymétrie alors que le visage de Bouddha, très stylisé, est lui d’une très grande symétrie, y compris dans la chevelure composée de petites boucles de cheveux en forme d’escargots.

 

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