Monti (1) - Entre Cavour et Nazionale, la Suburra (11/15). Santi Domenico e Sisto.
Une église dominicaine - L’université papale Saint-Thomas d'Aquin (Angelicum)
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La suite de la visite du quartier de la Suburra exige de remonter l’escalier vers le largo Magnanapoli pour prendre, sur la droite, la via Panisperna dominée par Santi Domenico e Sisto.
L’église Santi Domenico e Sisto a été construite à partir de 1569 à la demande du pape Pie V Ghislieri (1566 / 1572). Elle remplaçait une église plus ancienne, Santa Maria in Balneanapoli (Bains de Paul ?), datant du Xe ou du XIe siècle. La nouvelle église, établie sur un plan de Giacomo della Porta, ne sera achevée qu’un siècle plus tard, en 1663, plusieurs architectes s’étant évidemment succédés pour réaliser sa construction. Sa partie inférieure est assurée par Nicola Torriani et la partie supérieure soit par Torriani, soit par Vincenzo della Greca qui construit la façade de style baroque, elle-même commencée par Giovanni Battista Soria ! L'imposant escalier double, de 1654, est d’Orazio Torriani.
La façade en travertin est séparée en trois niveaux horizontaux, un rez-de-chaussée aussi haut que large, séparé du second niveau, rectangulaire, par une corniche, un fronton enfin surmonté de pots à feu. Verticalement, trois parties également séparées par des pilastres doubles d’ordre corinthien. Au centre, une porte encadrée de colonnes, surmontée d’un fronton courbe brisé dans lequel s’insère une niche ovale abritant le buste de la Vierge. De chaque côté, des niches dans lesquelles des statues de Maderno représentent l’une saint-Thomas-d‘Aquin, l’autre saint-Pierre-de-Vérone. Au second niveau, une fenêtre en arc à plein cintre, avec une balustrade à colonnettes et surmontée d’un fronton triangulaire, encadrée également de statues dans des niches, saint-Dominique et saint-Sixte II. Ajoutez à l’ensemble des guirlandes de fleurs, des cartouches, des volutes… L’ensemble ne manque pas d’être agréable. L’intérieur est remarquable par la hauteur de sa voûte alors que la nef est très étroite. Elle comprend trois arches aveugles de chaque côté abritant autant de chapelles latérales. Les arcs sont séparés par des doubles pilastres corinthiens de marbre rouge et blanc, coiffés de chapiteaux dorés. La fresque du plafond représente « L’apothéose de saint Dominique », et a été peinte en 1674 par Domenico Maria Canuti (1625 / 1684), le cadrage en trompe-l’œil de la fresque a été réalisé par Enrico Haffner (1640 / 1702). Le Bernin a conçu (mais où n’est-il pas intervenu dans les églises de Rome ?) le maître-autel.
L’église est associée à un couvent, le plus ancien couvent dominicain de Rome et l'un des premiers à être établi puisqu'il a été fondé par saint Dominique lui-même dans les années 1210. Au XVIe siècle, la construction d'un nouveau couvent a été ordonnée par le pape saint Pie V Ghislieri (1566 / 1572) lui-même dominicain. La construction a commencé en 1569 et les bâtiments très imposants du couvent ont été terminé en 1575, par contre l'église ne sera achevée qu'en 1663.
En 1873, en application des lois de 1866 et de 1867 du royaume d’Italie sur les propriétés ecclésiastiques, l'État confisque une partie du couvent et l'assigne au siège de la Cour des comptes et à une école laïque. A la même période, l’université pontificale saint Thomas d'Aquin, surnommée « l'Angelicum » (d'après le titre de Docteur Angélique donné à saint Thomas d'Aquin), est exclue de ses locaux de Santa Maria sopra Minerva. Cette université pontificale a ses racines dans la mission dominicaine, d'étudier, d'enseigner et de prêcher la vérité, comme le reflète la devise de l'Ordre, « Veritas ». Après avoir utilisé des locaux divers, le gouvernement fasciste vend, en 1928, au Collegio S.Tommaso d'Aquino, pour la somme de neuf millions de lires, l’ancien couvent santi Domenico et Sisto. Après restaurations et extensions par l'architecte Tullio Passarelli, les cours ont commencé dans le nouveau complexe en 1932. L'université pontificale Saint-Thomas d'Aquin (Angelicum) est une institution dominicaine qui comprend des facultés de théologie, de philosophie, de droit canonique et de sciences sociales. Il propose actuellement un enseignement en italien et en anglais dans les vastes locaux de l’ancien couvent [1]. L’université compte 150 enseignants de trente pays avec un effectif de 1 200 à 1 400 étudiants de près de 100 nationalités différentes. L'Angelicum a été élevé en 1963 à son statut actuel d'université « Pontificia Studiorum Universitas a Sancto Thoma Aquinate in Urbe » par le pape Jean XXIII Roncalli (1958 / 1963).
[1] Université Pontificale Saint-Thomas d'Aquin (Angelicum).
Churches of Rome Wiki. « Santi Domenico et Sisto ».