Angkor (17/27). Le Phnom Bakeng, éléphants et singes.
Une pyramide à six gradins dédiée à Shiva - Montée à dos d'éléphant - Réintroduction des singes
Dominant le site d'Angkor, le Phnom Bakeng [1] est une colline naturelle baignée par la rivière de Siem Réap. Représentation symbolique à la fois du mont Meru, demeure des Dieux, et du Gange, elle est le centre mythique de la nouvelle ville d'Angkor créée en 899.
Sur ce monticule a été édifié un temple dédié à Shiva, une pyramide à six gradins, surmontée de cinq prasats de grès. A la base de la pyramide, plus de quarante prasats et sur ses différents gradins sont répartis soixante petits sanctuaires.
« C'est en fin de journée, ou à défaut le matin de bonne heure, que l'on doit monter au Phnom Bakeng, soit directement par sa pente abrupte, soit par le sentier en lacets beaucoup plus doux qui prend à gauche et qu'empruntent les éléphants loués par les touristes - promenade classique et très agréable » [2].
Après avoir disparus du site pendant et longtemps après la période des khmers rouges, les éléphants sont à nouveau là, mais ils ne peuvent monter que quelques touristes fortunés. Pour les autres, il faut monter à pied, par un chemin raide et rocailleux.
Lors de nos précédentes ascensions, dans les années 90, nous étions accompagnés d'une bande de gamins qui mendiaient un dollar. Ayant aussi quelque habitude de ce genre de montée, nous sommes partis doucement, mais régulièrement... et nous nous sommes très vite fait distancer par un couple de jeunes français qui, au passage, n’ont pas manqué une remarque sur notre difficulté à monter. Seulement, la montée est longue et abrupte, la chaleur élevée, l’air moite, et quelques instants plus tard nous avons retrouvé nos deux jeunes, assis, complètement « vidés ». Bien évidemment, nous sommes passés, royaux, quelle qu’était notre propre fatigue.
Au sommet, nous étions alors quelques dizaines à dominer le moutonnement de la forêt. A l'Est, percent les tours d'Angkor Vat. De tous les temples, c'est le seul qui arrive à émerger de cette étendue végétale. A l'Ouest, le soleil se couche en rougeoyant dans les eaux du Baray occidental.
Aujourd’hui, des dizaines de cars, autant de minibus, sans compter les tuk-tuks ou les vélos, s’entassent dans un embouteillage digne des plus grandes villes et les visiteurs se pressent en rangs serrés sur l’escalier de bois qui a été posé pour atteindre le sommet au moment fatidique. Autant dire, que cela me décourage définitivement d’effectuer la montée. Dommage, car le coup d’œil est joli et le temple n’est pas sans intérêt. C’est un temple composé de cinq plateformes comprenant chacune 12 petits temples, le temple montagne comprend 5 prasats entourés de 44 prasats secondaires en briques. Le total est donc composé de 108 templions entourant le prasat central figurant bien sûr le mont Méru. Les templions sont disposés de telle façon que l’observateur placé dans l’axe de chaque face ne peut en voir que 33, or ce serait le nombre des dieux de la mythologie indienne.
Dans les années 90, la conservation d'Angkor a réintroduit de petits singes qui avaient totalement disparu à la suite de la guerre. On les voit se promener en petites bandes, faisant alors la joie des touristes qui les « mitraillent ».
Muni de plusieurs appareils photos, un visiteur tente de s'approcher au plus près de la troupe de singes qui ne semblent pas apprécier, ils grognent puis s'en vont. Mais le photographe insiste, s'approche trop près d'un singe qui le mord à la main, du coup le touriste lâche son étui d'appareil photo dont s'empare immédiatement le singe avant de détaler avec ses congénères. Le touriste n'a plus qu'à suivre la troupe dans l'espoir que, lassé de son joujou, le singe finisse par abandonner l'étui. C'est d'ailleurs ce qui finit par arriver, à la différence que le photographe aussi s'était lassé de poursuivre le singe et que c'est un jeune Cambodgien qui a récupéré l'étui et a ainsi pu se faire un petit pourboire.