Pinciano - Le parc Borghese (4/12). Théâtre et cinéma du parc de la Villa Borghese.
Le « Silvano Toti - Globe Theatre » - La « Casina delle Rose » et la Maison du cinéma
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En faisant le tour du lac, on a la surprise de passer à côté d’un théâtre élisabéthain ! Surprenant dans un pays qui a inventé la salle de théâtre à l’italienne devenue une référence internationale longtemps incontournable ! Le Silvano Toti - Globe Theatre[1] (photo) a été inauguré pour le centenaire du parc public de la Villa Borghese sur le modèle du Globe Théâtre de Londres où ont été créées plusieurs des pièces de Shakespeare. C’est un bâtiment circulaire, composé d’étages de loges couvertes, avec une capacité de 1 200 sièges. Le théâtre du Globe avait été construit en 1599 dans le quartier de Southwark, au Sud de la Tamise. Mais le premier théâtre élisabéthain permanent, destiné exclusivement aux spectacles, aurait été bâti en 1576. Il aurait été baptisé « The Theatre » en référence à un terme gréco-latin, et non « playhouse » qui est le terme anglo-saxon utilisé communément. En effet, vers 1560 étaient apparues en Angleterre des comédies d’inspiration historique, composées sur le modèle antique, comprenant cinq actes et dont l’action respectait les unités de temps et d’action. Ces nouvelles salles de spectacles étaient adaptées à ces nouveaux types de spectacles.
En Italie, Vicenza s’enorgueillit de posséder la plus ancienne salle de théâtre, « Il teatro olimpico » (1580), imaginée par Andréa Palladio (1508 / 1580), réalisée après sa mort par son fils Silla, puis par l’architecte Vincenzo Scamozzi (1552 / 1616). La salle avait été édifiée pour y effectuer des représentations d’« Œdipes Roi » de Sophocle. La conception de sa scène et de son mur de scène rappelle celle des théâtres romains, par contre la salle est constituée de gradins droits et non semi-circulaires. A l’époque, il était courant de réaliser des édifices provisoires de bois, de toile et de stuc pour des représentations théâtrales, Palladio avait déjà bâti un théâtre à Vicenza, en 1561, pour des représentations de « L’amor constante » de Alessandro Piccolomini. Sabbioneta, près de Mantoue, possède un théâtre édifié en 1588 par Vincenzo Scamozzi, « Il teatro antico », le premier exemple de théâtre de la Renaissance construit durablement pour cette seule fonction. Le théâtre de Sabbioneta est déjà « à l’italienne » avec des gradins en demi-cercles. C’est donc quasi simultanément que sont imaginés, en Angleterre et en Italie, bien que de façon très différente, des bâtiments spécifiques pour les représentations de ces nouveaux spectacles : des pièces de théâtre.
Les jardins de la villa Borghese abritent également la Casa del Cinema (Maison du cinéma), une nouvelle forme de spectacle, exigeant également de nouvelles salles de représentation ! Elle est installée dans la « Casina delle Rose », un bâtiment à l’histoire pleine de rebondissements. Abri et resserre avant 1833, puis restauré et aménagé en restaurant. Ayant souffert lors de l'intervention française contre la République romaine en 1849, le bâtiment devient ensuite une étable et une laiterie. Dans les années 1930, il redevient un restaurant plutôt chic, puis un dancing après-guerre. Le bâtiment est abandonné en 1976, endommagé par la foudre et vandalisé. Restauré, il a été inauguré par le maire Walter Veltroni en 2004[2]. Le bâtiment comprend trois salles équipées des technologies numériques, un théâtre en plein air avec un écran, deux salles d'exposition, une librairie et un très agréable café-restaurant. La Maison du Cinéma propose des projections de films italiens et étrangers (en version originale), des rencontres, des expositions. Les routes et sentiers qui longent la Maison du cinéma portent les noms d’acteurs célèbres, par exemple le « largo Marcello Mastroianni ». Le jardin de la villa Borghese a d’ailleurs été lui-même « l’acteur » d’un film, en 1953, « Villa Borghese » (en France, « Les amants de la Villa Borghèse », 1954). C’est un film franco-italien, en six tableaux, de Gianni Franciolini avec notamment Vittorio De Sica, Eduardo de Filippo, Gérard Philipe, Micheline Presle, François Perier. Le jardin est l’unité de lieu dans laquelle se croisent des couples. C’est le prétexte à des scènes sentimentales, des disputes, des ruptures, puis, le soir venu, les amoureux laissent la place à des professionnelles pour d’autres rencontres.
Complété et modifié 2026
[1] Silvano Toti - Globe Theatre. « Il Teatro ». Site Web.
[2] « Voici un maire qui ne cesse de secouer la nonchalance légendaire de la ville. Il invente une manifestation après l’autre. Toute la ville est désormais prise par une sorte de fièvre permanente. Ce n’est pas un maire mais un réveille-matin ». Ettore Scola.
Les Maisons de Rome comprennent les Maisons des Littératures (Casa delle Letterature, piazza dell’Orologio), du Cinéma, du Jazz (Casa del Jazz, Porta Ardeatina), des Théâtres (Casa dei teatri, Villa Doria-Pamphilj), de l’Architecture (Casa dell’Architettura, piazza Manfredo Fanti), des Technologies émergentes (Casa delle Tecnologie Emergenti, gare de Tiburtino), Internationale des Femmes (Casa Internazionale delle Donne, via della Lungara).