Trastevere et Lungaretta (14/20). La place Santa Maria in Trastevere et sa fontaine.
Une place délicieuse devenue très touristique
« Quelques heures de travail encore et nous aillions dîner dans les coins que nous aimions bien, souvent place Santa Maria in Trastevere, attentifs aux jeux de l’eau, à l’or éteint des mosaïques » [1].
Au centre de la place, une fontaine surélevée sur un socle octogonal de sept marches [2], est composée d’un bassin orné de quatre grands coquillages (photo). Au centre du bassin est placée, sur un piédestal, une vasque circulaire d’où s’écoulent quatre jets d’eau.
La fontaine actuelle est la digne continuatrice de nombreuses autres car elle est considérée comme la plus ancienne fontaine de Rome encore en exploitation. Sa plus lointaine ascendante serait une fontaine de la Rome antique alimentée en eau par l'aqueduc qu'Auguste avait construit en 2 av. J.-C. pour pouvoir réaliser des naumachies dans cette zone, ces spectacles nautiques reconstituant des batailles navales. Par la suite, son fonctionnement sera souvent interrompu du fait de l’état de l'aqueduc de Trajan, lequel fut restauré à plusieurs reprises notamment par le pape Adrien Ier en 775. Il s'agissait alors de la seule fontaine publique dans le quartier du Trastevere.
Un bassin carré aurait été construit en 1450 par le pape Nicolas V Parentucelli (1447 / 1455) à l’occasion du Jubilé. La fontaine a été restaurée vers 1499, selon un dessin attribué à Bramante. Nouvelle restauration en 1604 par Giralomo Rainaldi, suite à une dérivation de l’Acqua Felice traversant le Tibre. Mais, avec la restauration de l'aqueduc de Trajan, vers 1608, elle sera raccordée à l'Acqua Paola. En 1658, Gian Lorenzo Bernini démolit la fontaine jusqu’alors située plus près de l’église, et la reconstruit au milieu de la place en la surélevant de trois marches. En 1692, Carlo Fontana a donné à la fontaine l'aspect qu'elle a aujourd'hui en agrandissant le bassin octogonal et remplaçant les coquilles ornementales. Sur cette fontaine seront donc intervenus nombre de grands représentants de l’architecture italienne, Bramante, Giralomo Rainaldi, Bernini, Carlo Fontana ! Sur une base, aujourd’hui de sept marches, repose une grande cuve de marbre de plan carré, avec des coins coupés et légèrement saillants de manière à la faire apparaître octogonale. Au centre, une base de forme carrée aux angles arrondis supporte une coupe ronde en marbre d'où s'élève un jet d'eau qui s'écoule par la gueule de quatre têtes de loup en bronze d'où il retombe dans le bassin central.
A gauche de la basilique se trouve le palais de San Callisto qui aurait été construit sur la maison romaine du pape Callisto Ier (217 / 222) où il fut martyrisé. Un premier palais est construit au XIIIe siècle, mais Paul V Borghese (1605 / 1621) lui a donné son aspect actuel, vers 1613, sur un projet d’Orazio Torriani. Restauré en 1854 par Pie IX Ferretti (1846 / 1878), il devint une caserne du nouvel État italien après 1870, pour redevenir, en 1907, la propriété du Saint-Siège.
Côté place, la façade du palais comprend trois étages et s’ouvre, au rez-de-chaussée, par un grand porche en pierres de taille, en arc avec un atlante en clef de voute, entre des pilastres terminés par de puissantes volutes. Ce portail est surmonté d'un balcon à balustrade, avec une grande fenêtre dominée par un tympan en arc brisé, où est placé un grand blason du pape Pie XI Ratti (1922 / 1939), un aigle et trois boules surmonté de la tiare papale. Les deux étages supérieurs présentent des fenêtres encadrées de jambages à bossage, enrichies à l’étage noble de chapiteaux ioniques à volutes et de l’emblème bénédictin de Saint-Paul, constitué d’une main tenant l’épée. La façade est couronnée d’une fine corniche, peu saillante.
Le palais San Callisto est une des propriétés extraterritoriales du Saint-Siège en vertu des accords du Latran (1929). Il abrite différents services comme le Conseil pontifical pour la famille, le Conseil pontifical pour les laïcs… ou le réseau Scholas Occurentes, lancé en 2013, qui promeut la culture de la paix et de la rencontre, au sein d’un réseau écoles et de lieux éducatifs liés à toutes les confessions religieuses ainsi qu’aux structures laïques, publiques comme privées.
[1] Simone de Beauvoir. « La force des choses ». 1963.
[2] Sovrintendenza Capitolina ai Beni Culturali. « Fontana della Piazza Santa Maria in Trastevere ».
Site Trastevere App. « Santa Maria in Trastevere, una fontana piena di storia ». 2018.