Le poème épique du Râmâyana - L'histoire mouvementée de Râma et de Sitâ

 

Sri Lanka Ravanella Falls

C’est dans des grottes situées dans le sud du pays, non loin des chutes de Ravenella, que se situerait un des épisodes majeurs de la grande poésie épique du Râmâyana, celle ou Sitâ, l’épouse du prince Râma, aurait été détenue par son ravisseur, Râvana, le Roi des démons Râksasa.

Le Râmâyana est un grand poème composé de milliers de vers, 645 chants et 24.000 versets qui est connu dans tout le monde d’influence indienne : Birmanie, Thaïlande, Indonésie, Cambodge, Malaisie… car il donne lieu à des représentations de théâtre, de danse, d’ombres, de marionnettes, jusque dans les plus petits villages.

La diffusion du Râmâyana est directement liée au rôle joué par le théâtre dans la religion hindouiste. Comme les quatre Vedas, les textes sacrés, ne peuvent être compris des gens de basse naissance, les dieux demandèrent alors à Brahmâ de créer un cinquième Veda qui puisse servir à l’édification de tous. Brahmâ créa l’Art théâtral qui sera le véhicule du sens des livres saints et contiendra des leçons de morale pour guider les gens vers la vertu, la fortune et la gloire[1].

L’histoire de Râma est un véritable « conte de fées »[2], quoique les fées soient ici remplacées par toute sorte d’autres personnages fabuleux.

Râma est le fils aîné du roi Ayodhyâ, mais il peut être aussi considéré comme un des avatars de Vishnu. Jeune, il se rend à la cour du roi Janaka qui organise un tournoi dont le vainqueur épousera sa fille adoptive, la belle Sitâ. Il triomphe dans toutes les épreuves, notamment parce qu’il est le seul à pouvoir bander l’arc de Shiva. De retour à Ayodhyâ, il est injustement déchu de ses droits à la succession et condamné à quatorze années de bannissement, exil dans lequel le suivent son épouse, Sitâ, et son frère, Lakshmana.

Dans leur fuite, ils sont remarqués par Râvana, le roi des Râkshasas ou errants de la nuit, les mauvais génies. Certains sont des titans, d’autres des ogres ou d’affreux démons. Ils peuvent prendre toutes les formes qu’ils désirent, mais ils ont toujours un air effrayant, des yeux fulminants, des dents pointues qui sortent de la bouche et une langue d’une longueur démesurée. Ils dévorent les humains, animent les corps des morts, ils sont fils de l’obscurité et errent la nuit.

Le roi Râvana s’éprend de la belle Sitâ et l’enlève dans les airs avec l’aide du magicien Mârica pour la conduire dans son palais de l’île de Lankâ (Sri Lanka). C’est une forteresse imprenable située au bord d’une mer infranchissable, avec une haute muraille en or, difficile à escalader. Partout sont creusées des douves formidables aux eaux froides, pleines de crocodiles ! La scène de l’enlèvement a eu un témoin, Jatayus, le roi des vautours, qui attaque Râvana mais est blessé à mort. Avant de mourir il a toutefois le temps d’informer Râma de l’enlèvement de son épouse.

Aidé de l’armée des singes conduite par Hanuman, le singe blanc, Râma se lance à la poursuite de Râvana et de Sitâ. Hanuman, part en reconnaissance au Lankâ, retrouve Sitâ et la console, puis brûle la ville de Râvana et vient faire son rapport à Râma.

L’armée de Râma arrive au détroit de Palk, séparant l’Inde du Lankâ. Râma, demande alors à Hanuman de construire un pont. L’armée des singes construit alors un pont qui permet à l’armée de Râma d’investir le domaine de Râvana. Du formidable ouvrage d’art d’Hanuman, il reste aujourd’hui tout un chapelet d’îlots et de bancs de sable dans le détroit de Palk formant « le pont d'Adam » qui s'étire sur une trentaine de kilomètres entre l'île indienne de Pamban au large de la côte de Coromandel (Tamil Nadu) et l'île sri-lankaise de Mannar.


[1] A.Danielou. « Mythes et dieux de l’Inde ». 1992.

[2] La Croix. « Râmâyana, de l’épopée au spectacle ». 1990.

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