Un bijou dans un écrin de Della Porta - Coiffé d'un lanternon hélicoïdal

 

Rome Sant'Eustachio Sant Ivo 1

La façade principale du palais, sur le Corso Rinascimento, est simple et austère, la porte d’entrée peu majestueuse laquelle n’incite pas vraiment à entrer. Mais, si vous osez pénétrer, quel éblouissement ! La cour, dessinée par Giacomo della Porta, est entourée sur trois côtés d’un double étage d’arcatures, très pures, d’inspiration très florentine. L’église (1642 / 1650), œuvre extraordinaire de virtuosité de Borromini, ferme le quatrième côté. Elle s’insère tout à la fois dans la rigueur de la cour par son dépouillement extérieur qui reprend le dessin des arcades, mais marque aussi une rupture avec sa façade concave, le tambour de la coupole et le lanternon terminé par une flèche hélicoïdale.

La forme extérieure de la chapelle s’inscrit dans un carré (1) dont un côté donne sur la cour. Cette façade est concave (2) afin de s’inscrire dans un demi cercle qui termine la cour intérieure. La forme intérieure de la chapelle est délimitée par un cercle (3) qui détermine à son tour les dimensions d’une étoile de David (4). Enfin, au centre de cette étoile à six branches s’élève la coupole (5) à fortes nervures saillantes. Le cœur et les deux premières chapelles latérales, sont de forme semi circulaire concave (6), alors les autres chapelles (7) sont traitées avec des formes semi circulaires convexes.

 

Rome Sant'Eustachio Sant Ivo 3

 

L’extraordinaire complexité de la structure interne demande un bon moment d’adaptation pour comprendre la logique de l’architecture, mais avec ce mélange très équilibré de lignes droites, d'arêtes, de courbes convexes et concaves, Borromini signe ici son ouvrage à la fois le plus savant mais aussi le plus harmonieux.

La décoration interne est particulièrement sobre malgré les pilastres cannelés, la corniche à redents, les étoiles et les angelots ailés du dôme, c’est qu’il n’y a point ici de marbres, de bronzes ou de dorures… mais uniquement des murs blancs. Cette contradiction entre une architecture des plus savantes et cette simplicité interne font de Sant’Ivo un des plus remarquables exemples d’architecture baroque romain.

Borromini fut plutôt l’architecte du pape Innocent X Pamphili (1644 / 1655) et Bernini celui d’Urbain VIII Barberini (1623 / 1644) et Alexandre VII Chiggi (1655 / 1667). Or, néanmoins, c’est bien Urbain VIII Barberini qui confia l’ensemble de la réalisation de Saint-Yves à Borromini. L’abeille, emblème des Barberini, orne l’édifice. On peut aussi constater que la forme générale du bâtiment s’inscrit dans le dessin géométrique d’une abeille.

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