Le « Silvano Toti - Globe Theatre » - La « Casina delle Rose » et la Maison du cinéma

 

Rome Pinciano Globe-Theatre

En faisant le tour du lac, on a la surprise de passer à côté d’un théâtre élisabéthain ! La chose peut surprendre dans un pays qui a inventé la salle de théâtre « à l’italienne » laquelle est devenue une référence internationale quasi incontournable !

Pour le centenaire du jardin public de la Villa Farnèse a donc été inauguré un théâtre élisabéthain, le « Silvano Toti - Globe Theatre ». C’est un bâtiment circulaire, composé d’étages de loges couvertes avec une capacité de 1 200 sièges à l’image du célèbre « Globe Théâtre » de Londres dans lequel ont été créées plusieurs des pièces de William Shakespeare.

Le théâtre du Globe, à Londres, a été construit en 1599 dans le quartier de Southwark, au Sud de la Tamise. Mais le premier théâtre élisabéthain permanent, destiné exclusivement aux spectacles, aurait été bâti en 1576. Ce bâtiment aurait été baptisé « The Theatre » en référence à un terme gréco-latin, et non « playhouse » qui est le terme anglo-saxon. En effet, vers 1560 étaient apparus en Angleterre des comédies d’inspiration historique, bâties sur le modèle antique, comprenant cinq actes et dont l’action respectait les unités de temps et d’action. Ces nouvelles salles de spectacles étaient adaptées à ces nouveaux types de spectacles.

En Italie, Vicenza s’enorgueillit de posséder la plus ancienne salle de théâtre, « Il teatro olimpico », imaginée par Andréa Palladio (1508 / 1580), réalisée après sa mort par son fils Silla, puis par l’architecte Vincenzo Scamozzi (1552 / 1616). La salle avait été édifiée pour y effectuer des représentations d’« Oedipe Roi » de Sophocle. La conception de sa scène et de son mur de scène rappelle celle des théâtres romains, par contre la salle est constituée de gradins droits et non semi-circulaires. A l’époque, il était courant de réaliser des édifices provisoires de bois, de toile et de stuc pour des représentations théâtrales, Palladio avait déjà bâti un théâtre à Vicenza, en 1561, pour des représentations de « L’amor constante » de Alessandro Piccolomini. Sabbioneta, près de Mantoue, possède un théâtre édifié en 1588 par Vincenzo Scamozzi, « Il teatro antico », le premier exemple de théâtre de la Renaissance construit durablement pour cette seule fonction. Le théâtre de Sabbioneta est déjà « à l’italienne » avec des gradins en demi-cercles. C’est donc quasi simultanément que sont imaginés, en Angleterre et en Italie, bien que de façon très différente, des bâtiments spécifiques pour les représentations de ces nouveaux spectacles : des pièces de théâtre.

Les jardins de la villa Borghèse abritent également la « Casa del Cinema », une nouvelle forme de spectacle, exigeant elle-même de nouvelles salles de représentation. La Maison du cinéma est installée dans la « Casina delle Rose », un bâtiment à l’histoire pleine de rebondissements. Abri et resserre avant 1833, puis restauré et aménagé en restaurant. Ayant souffert lors de l’intervention française contre la République romaine en 1849, le bâtiment devient ensuite une étable et une laiterie. Dans les années 30, il redevient un restaurant plutôt chic, puis un dancing après-guerre. Le bâtiment est abandonné en 1976, endommagé par la foudre et vandalisé. Restauré, il a été inauguré par le maire Walter Veltroni en 2004[1].

La « Casa del Cinema » comprend trois salles équipées des technologies numériques, un théâtre en plein air avec un écran, deux salles d'exposition, une librairie et un très agréable café-restaurant. La Maison du Cinéma propose des projections de films italiens et étrangers (en version originale), des rencontres, des expositions (début 2014 : soixante photographies prises lors du festival international du film de Venise)… Les routes et sentiers qui longent la Maison du cinéma portent les noms d’acteurs célèbres comme le « largo Marcello Mastroianni ».

Le jardin de la villa Borghèse a d’ailleurs été lui-même « l’acteur » d’un film, en 1954, « Les amants de villa Borghèse » ! C’est un film de Gianni Franciolini avec Vittorio De Sica, Gérard Philipe, Micheline Presle, François Perier. Le jardin est l’unité de lieu dans laquelle se croisent des couples. C’est le prétexte à des scènes sentimentales, des disputes, des ruptures, puis, le soir venu, les amoureux laissent la place à des professionnelles pour d’autres rencontres...


[1] A propos de Walter Veltroni et sur la création de la semaine du cinéma : « Voici un maire qui ne cesse de secouer la nonchalance légendaire de la ville. Il invente une manifestation après l’autre. Toute la ville est désormais prise par une sorte de fièvre permanente. Ce n’est pas un maire mais un réveille-matin ». . Ettore Scola.

Liste des promenades dans Rome et liste des promenades dans Ludovisi et Pinciano

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