Quatrième centenaire de la création de la lunette astronomique - Réhabilitation de Galilée

 

Rome Galilée

Ces jours-ci (2009), Sainte-Marie-des-Anges accueille une exposition sur Galileo Galilei. Il faut dire que l’on célèbre cette année, le quatre centième anniversaire de la création de la lunette astronomique par celui-ci.

On sait l’importance de Galilée dans l’élaboration des sciences modernes. Ses théories, avec celles de l'astronome allemand Johannes Kepler, servirent de fondement aux travaux du physicien britannique Isaac Newton sur la loi de l'attraction universelle. Ses principales contributions à l'astronomie, outre l'invention de la lunette, furent la découverte des taches solaires, des montagnes et des vallées lunaires, des quatre plus grands satellites de Jupiter et des phases de Vénus. En physique, il découvrit la loi de la chute des corps et les mouvements paraboliques des projectiles…

Chacun sait aussi que remettant en cause la mécanique céleste d’Aristote qui plaçait la terre au centre de l’univers, il fut convoqué à Rome par l'Inquisition pour répondre d'une accusation de « sérieuse suspicion d'hérésie », qu’il fut contraint d'abjurer et condamné à la prison à vie, même s’il ne fit aucun jour de prison et que sa peine fut commuée en une assignation à résidence.

En 1992, le Vatican réhabilitait Galilée sur la base des travaux d’une commission mise en place par Jean-Paul II, travaux qui durèrent pas moins de onze années ! Il est vrai que, si pendant ces quatre derniers siècles la terre était restée au centre de l’univers, elle pouvait encore attendre onze ans pour enfin se mettre à tourner autour du soleil sans crainte d’être excommuniée ! Bref, il fallut du temps à l’église catholique pour se rendre compte qu’elle s’était fourrée grossièrement le doigt dans l’œil, que les Saintes Ecritures n’avaient pas réponse à tout, qu’il ne fallait pas nécessairement les prendre « au pied de la lettre » et qu’il était largement temps d’essayer de le rattraper… son temps !

L’année de l’astronomie, lancée par l’UNESCO en 2009, est donc l’occasion d’essayer de se refaire une virginité et de montrer que désormais l’église est en phase avec son époque.

Les panneaux de l’exposition présentent les travaux de Galilée, montrant les avancées scientifiques auxquelles il avait participé… et se donnent constamment beaucoup de mal pour souligner que les Écritures ne s’occupent pas nécessairement des détails du monde physique et que la connaissance de celui-ci était confiée à l’expérience et au raisonnement humain.

Le tout, bien sûr, sans oublier la foi…

« La foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. »[1].

L’argument est souligné par un instrument scientifique qui est aussi une sculpture contemporaine : un pendule de Foucault illustrant la rotation de la terre. La boule du pendule représente la terre, laquelle est reliée à son fil par une main tendant l’index sur la terre, la main et le doigt de Dieu bien sûr. Comprenez : certes la terre tourne sur elle-même et l’invention du pendule par les hommes permet de le démontrer mais derrière tout cela il y a bien, quand même, la main de Dieu. Un peu comme la « main invisible » des économistes libéraux qui orienterait toujours au mieux les marchés ! Comparaison n’est pas raison, il vaudrait mieux d’ailleurs car la main invisible des libéraux est manifestement atteinte de sénilité en tremblant beaucoup. Encore qu’elle sache fort bien toujours attirer l’argent vers les poches des puissants. Passons.

Après avoir erré dans le quartier, je découvre finalement que l’Aula Ottogona est située à gauche de Sainte-Marie-des-Anges, mais elle est fermée ! Travaux de restauration ? Insuffisance de gardiens ? Réaménagement ? Grève du personnel ? Aucune information ne nous permet de savoir pourquoi le monument n’est plus accessible après avoir été une école (fin du XIXe), puis un cinéma et enfin un planétarium (1928).

Tant pis, allons faire un petit tour dans le musée National Romain, installé dans les thermes de Dioclétien, dont l’entrée est en face de la gare de Termini !


[1] Jean-Paul II. Encyclique « Fides et Ratio ». 1998.