L'église Santa Caterina a Magnanapoli - Les marchés de Trajan - La Tour des Milices - La Maison des Chevaliers de Rhodes

 

Rome Monti Marchés de Trajan

Après la Torre del Grillo, vous arrivez sur une place, le largo Magnanapoli, ou plutôt un vaste carrefour entre la via Nazionale qui fonce sur la place de la République, la via XXIV Maggio qui monte au Quirinal et la via IV Novembre laquelle descend sur la place de Venise. La circulation est intense, bruyante, et vous donne l’impression d’être situé dans les tribunes de la chicane Dunlop du circuit automobile des 24 heures du Mans !

A main gauche, l'église Santa Caterina a Magnanapoli est dédiée à Catherine de Sienne. Edifiée sur le site d'un monastère de nonnes de l'ordre des Dominicains existant depuis 1574, elle a été construite en 1628 sur les plans de l’architecte Giovanni Battista Soria (1581 / 1651), lequel avait une formation d’ébéniste ! Elle possède une façade simple, élégante qui, compte-tenu de la construction de la via Nazionale, se retrouve aujourd’hui située en hauteur, avec un escalier à double rampe pour atteindre le porche d’entrée. L’église est très rarement ouverte. Si la façade est sobre, l’intérieur baroque est très chargé mais ne manque pas d’intérêt : marbres colorés et précieux, hauts-reliefs, tabernacle en bronze doré, agate et lapis-lazuli…

En se dirigeant vers la colonne de Trajan que vous voyez pointer entre les façades, vous passerez devant l’entrée des marchés de Trajan. Restaurés récemment, ils méritent une visite.

Le bâtiment principal a la forme d’un hémicycle concave de cinq étages à voûtes cylindriques en tonnelle. Il est traversé par une voie, à mi-hauteur des marchés, la via Biberatica, qui fait près de 300 mètres de longueur. Il s’agit ni plus ni moins d’un grand centre commercial et administratif qui comprenait environ 150 boutiques (tabernae) pavées de mosaïques, mais aussi des bureaux. Le rez-de-chaussée était consacré aux légumes (navet, rave, betterave, bettes, oignons, ail, carotte, laitue, endive, poireau, choux, artichaut, fèves, lentilles, pois, concombre…), fruits (raisin, figue, pomme, coing, pêche, abricot, pastèque, melon, châtaigne, noix, noisette…) et aux fleurs, le premier étage au vin et à l’huile, le second et le troisième aux épices (ciboulette, livèche, coriandre, câpres, cumin, carvi, aneth, anis, poivre, origan, safran, gingembre, myrte, girofle, cardamone, menthe, sauge, laurier, cédrat…). Le quatrième accueillait les bureaux de l’assistance impériale, de l’administration du marché et de la police. Le cinquième, enfin, était occupé par le marché aux poissons. Outre ses rôles commercial et de gestion, c’est ici qu’avaient lieu aussi des distributions de vivres au petit peuple de Rome.

Aujourd’hui, les marchés de Trajan accueillent régulièrement des expositions d’art. Outre la visite des lieux, c’est l’occasion de profiter d’une exposition de mobilier contemporain, de photographies, de marbres antiques, de sculptures ou de calligraphie arabe…

Derrière les marchés de Trajan, la Tour des Milices, avec ses 50 mètres, est l'un des derniers exemples de l'architecture romaine civile médiévale. Elle aurait été construite par les Byzantins, mais reconstruite dans sa forme actuelle en 1230 par le pape Grégoire IX. Lors du tremblement de terre de 1348 le troisième étage s'est effondré et, le sol étant instable, la tour présente une forte inclination. La base carrée est constituée de blocs de tuf les deux étages de briques.

Enfin, des marchés de Trajan, on peut aussi observer une magnifique loggia renaissance située sur un monument plus ancien. C’est la loggia de la Maison des Chevaliers-de-Rhodes qui appartient aujourd’hui à l’ordre souverain des Chevaliers-de-Malte. Le cardinal Marco Barbo fit édifier ce palais sur les ruines du forum d’Auguste lorsqu'il fut nommé à la tête de l'Ordre des Hospitaliers-de-Saint-Jean par son oncle, la pape Paul II au XVe siècle.

Si le Nord de la place donne lieu à un trafic intense, le Sud est plus calme. Entre un jardin suspendu et une église surélevée, débouche une rue encaissée, la via Panisperna qui conduit tout droit à Sainte-Marie-Majeure en traversant ce qui était le quartier de la Suburra dans la Rome antique. Dans la Suburra on trouvait – dit-on - les bordels les plus inquiétants et les tavernes les plus louches. Jules César y naquit et, d’après la tradition, Néron y errait déguisé pour connaître les opinions du peuple et Messaline venait y chercher ses amants.

Au débouché de la via Panisperna, l’église située à droite, en hauteur, est l’église Santo Domenico e Sisto, église que l’on atteint par un haut escalier.

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