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Notes d'Itinérances
3 mai 2016

Luanda, la perle de l'Afrique (2/26). La guerre civile angolaise au cours des années 90.

Accords de paix en 91 et 94 – Reprise des hostilités en 92 et 98

 

 

Ancienne colonie portugaise, l’Angola a obtenu son indépendance en 1975 après 14 années de lutte armée conduite par plusieurs mouvements indépendantistes (MPLA, UNITA, FNLA). Depuis l’indépendance, la République populaire d'Angola est dirigée par le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA).

 

« Ce jour-là (10 novembre 1975, ndlr), une grue se déplaçait dans la ville et déboulonnait les monuments des conquérants portugais. Gouverneurs et généraux, voyageurs et explorateurs étaient rassemblés devant la citadelle et alignés en deux rangées de granit brun » [1].

 

En août 1975, les troupes sud-africaines envahissent l’Angola pour chasser le MPLA de Luanda, avec le soutien du gouvernement américain, jusqu'à atteindre la banlieue de Luanda. Suite au retrait de l’aide financière américaine, les Sud-africains se retirent et aident désormais l’Union Nationale pour l’Indépendance Totale de l’Angola (UNITA) dirigées par Jonas Savimbi.

 

Le président José Eduardo dos Santos (MPLA) a succédé au président Agostinho Neto, père de l’Indépendance, décédé en septembre 1979.

 

Après la défaite de Cuito-Cuanavale, en 1988, face aux troupes angolaises gouvernementales et cubaines, l’Afrique du Sud signe les accords de New-York prévoyant un arrêt des combats, le rapatriement des troupes étrangères et la constitution d’un gouvernement de transition. En 1991, les accords de Bicesse aboutissent à un cessez-le feu entre gouvernement et UNITA et à l’organisation d’élections supervisées par les Nations-Unies en 1992.

 

Suite à son échec aux élections de 1992, l’UNITA reprend les hostilités entraînant une nouvelle coupure en deux du pays. Le gouvernement maîtrise, à peu près, le Sud (Namibe, Huila et Cunene), l’Ouest avec la bande côtière (Benguela, Kwanza Sul, Luanda) et, au Nord, la région productrice de pétrole (Cabinda). L’UNITA est présente dans le centre, le Sud-est et à l’Est (Kwando-Cubango, Moxico, Huambo, Bié, Lunda et Malange). Grosso modo, le MPLA tient les grandes villes de l’Ouest et du Sud, les ports, les zones industrielles et pétrolifères ; l’UNITA occupe le centre et l’Est, en zones agricoles ou de forêts, et contrôle les mines de diamant.

 

« La guerre était plus féroce que jamais. Le pays tout entier y était livré. Les villes transformées en ruines par les bombardements continus, les gens les fuyant pour se réfugier  dans les campagnes où ils déambulaient à la recherche de nourriture. Ceux qui ne pouvaient fuir mangeaient des chats, des rats, des chiens jusqu’à ne plus rien avoir à ronger. Un vent de folie et de mort balayait le pays » [2].

 

En novembre 1994, un nouvel accord de paix est signé suite aux différents succès des troupes gouvernementales, notamment à Cafunfo qui contrôle la zone du diamant, puis Huambo et Uige. Jonas Savimbi apparaît désormais de plus en plus isolé sur la scène internationale, lâché par ses appuis extérieurs (U.S.A et Afrique du Sud) pour qui l’Angola n’est plus un enjeu de guerre froide suite à la disparition de l’URSS et du bloc socialiste.

 

En avril 1997, un « Gouvernement d'Unité et de Réconciliation Nationale » est investi mettant fin à une guerre civile de plus de vingt ans, commencée à la proclamation de l’indépendance en 1975. Ce gouvernement provisoire est composé de membres du MPLA mais aussi d'autres partis, notamment de l’UNITA.

 

Toutefois, Jonas Savimbi quitte le gouvernement, dès août 1998, ne supportant pas d’être le second, relançant ainsi une nouvelle fois la guerre civile. L’intransigeance de Savimbi aboutit finalement à une scission au sein de l'UNITA, l’un de ses adjoints, Eugénio Manuvakola, fondant une « UNITA Rénovée », non militaire, qui participe au gouvernement d’unité nationale.

 


[1] Ryszard Kapuściński. « D’une guerre l’autre ». 1976.

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