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Notes d'Itinérances
19 janvier 2015

Entre Toscane du Sud et Ombrie (10/22). Arezzo où flâner.

La Piazza Grande - L’église de la Vierge Marie – Santo Domenico – Le Duomo

 

 

Mais Arezzo mérite une visite pour bien d’autres raisons. Il ne faut pas manquer la Piazza Grande, une place où se mélangent tous les styles de construction et qui présente la particularité, comme à Sienne mais avec plus d’excès encore, d’être en très forte déclivité.

 

Rien de plus plaisant que de déjeuner sous les arcades des Loges de Vasari. Le bâtiment ferme la place au Nord. Comme les Offices de Florence, c’est un long bâtiment, à arcades au rez-de-chaussée, d’une architecture sobre. Les arcades abritant les commerces (et restaurants !) sont simplement formées de piliers rectangulaires supportant des arcs en plein cintre. Au premier niveau une longue suite de fenêtres surmontées de frontons curvilignes, et au troisième des petites fenêtres basses, rectangulaires. L’ensemble est d’une grande simplicité, mais ne manque pas néanmoins de grandeur, par la longueur de l’édifice et par sa situation en surplomb de la Piazza Grande.

 

L’église paroissiale de la Vierge Marie présente une façade originale composée de trois étages de galeries à colonnettes, le nombre augmentant avec la hauteur accentuant les effets de perspective, de 12 à 24 puis 32. Cette façade, surajoutée au XIIe à la façade d’origine, est inspirée du style roman-pisan, illustré notamment par les cathédrales de Lucca et de Pise. L’abside est d’une admirable simplicité. Sa forme demi circulaire est séparée dans la hauteur en trois niveaux de taille décroissante ; le premier niveau est simplement orné de fins pilastres alors que le second et le troisième sont décorés de colonnettes, deux fois moins hautes mais d’autant plus nombreuses au dernier niveau.

 

L’église San Domenico est une église gothique avec un portail roman, il faut dire que sa construction débute en 1275 pour se terminer au XIVe siècle. Elle contient encore quelques fresques et la croix en bois du XIIIe siècle sur le maître-autel est de Cimabue, le maître de Giotto.

 

La cathédrale d’Arezzo n’est pas moins intéressante. Gothique, elle possède un cycle de sept vitraux du berrichon Guillaume de Marcillat (1516 à 1524) : Sainte-Lucie et Saint-Sylvestre, La Descente du Saint-Esprit, Le Baptême du Christ, La Vocation de Saint-Mathieu, La Résurrection de Lazare, Le Christ chassant les marchands du temple, La Femme adultère. Les compositions sont d'une grande maîtrise de l’espace et la délicatesse des dessins et des formes participent au virage maniériste de la seconde Renaissance.

 

Les fresques de la voute sont fascinantes bien qu’elles soient très difficiles à observer et qu’elles ne sont décrites nulle part [1]. Dommage, car elles permettraient de comparer deux périodes différentes dans la peinture. Elles seraient de Guillaume de Marcillat et de Salvi Castellucci. Deux voûtes de la nef centrale (quatrième et cinquième allée) et le chœur ont été peints par Salvi Castellucci près d'un siècle et demi après Marcillat. Castellucci est né à Arezzo en 1608, formé par Pierre de Cortone et est mort dans cette même ville en 1672.

 

La cathédrale possède également une œuvre de Piero della Francesca, la fresque Marie-Madeleine, un portrait en pied à taille humaine. Marie-Madeleine est dignement vêtue et tient dans sa main gauche un vase d’onguents avec lesquels elle avait oint les pieds du Christ. Nullement repentante de sa vie passée, elle est au contraire majestueuse et sereine. Les couleurs vives de cette fresque sont aux origines des principes picturaux qu'adoptera l’École vénitienne au XVIe siècle : la robe de couleur verte symbolise la fertilité et la tunique rouge représente la place hiérarchique ecclésiastique élevée du personnage.

 

Enfin, la forteresse qui domine la ville est d’Antonio da Sangallo.

 


[1] C’est grâce au site « Il bel Casentino » que j’ai pu finalement connaître leurs auteurs qui n’apparaissent quasiment jamais dans les descriptions de la cathédrale. Texte et photos d’Alessandro Ferrini.

 

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